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Les Feuillets de Cy Jung

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Feuillets

V01-1er mars 2011



Cy Jung feuillets — V-01 1er mars 2011

 [35d]

C’est à pleurer. On voulait rire et voilà où cela nous mène. Dans une impasse, une voie sans issue, un corps sans canaux d’évacuation. C’est impossible, impossible que tout soit ainsi bouché alors que l’ensemble se délite. On va trouver. On n’a guère le choix. On ne va pas pourrir, là. On n’est de toute façon pas programmée pour ça.
Sortir.
On reprend Lacan. Il peut toujours servir. On ajoute de la moutarde. On en badigeonne l’intérieur du pain. On lui colle les deux merguez. On revient au jeu de l’amour. On doit établir les règles. C’est urgent. [34f] On en a besoin, pour sortir. Et attendre. Les mêmes règles pour les deux ? On doit y réfléchir. Avec la Bible ou le dictionnaire ?
À ce stade, on préfère la tarte aux fraises.

21.

On résume.
Sortir.
On est là depuis combien de temps ? L’horloge du téléphone portable ne fonctionne plus. À l’odeur, on pourrait dire… On l’ignore. On n’avait pas fait d’études de médecine. On ne sait rien de la putréfaction des corps et pourtant, on affronte, la tête haute et les épaules larges. La chair, les muscles n’ont pas l’air très entamés. Les organes se vident, l’estomac, le foie, l’intestin. On dirait que les yeux brillent toujours un peu. Une côte a pris la tangente. Les paumons ont les alvéoles pleines de tout ce qui suinte. Le reste tient.
Pour celles et ceux que cela intéresse, les seins sont encore intacts et ont conservé une certaine plasticité. Et le clitoris ? On oublie toujours le clitoris. On le néglige. Il proteste et se renfrogne. Il est un peu boudeur, de nature. Là, il semble apaisé. Il flotte un peu sous son capuchon, comme rétracté, rétraici. Mais il est bien au chaud. Il se repose. Cela donne envie de lui donner une chaise longue avec un plaid et lui servir une orangeade. Avec ou sans paille ? Ah ! si tous les clitoris du monde se faisaient sucer comme un embout de paille, l’humanité ne pourrait qu’y gagner en bien-être.
On se moque du bien-être de l’humanité, surtout si le clitoris est mort. Le temps de la jouissance a expiré. Feu la vulve. Feu le point G. La nostalgie nous gagne. On ne doit plus y penser. Et à l’amour, on y pense ? Plus tard. Là, on fait un bilan clinique. Mais l’état de l’amour, n’est-ce pas aussi de la clinique ?
Pan ! Cette fois, on a vraiment tué Lacan. Qu’il se taise à jamais. On préfère Victor Hugo.
— « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. »
Il ne manquait plus que ça.
Un étrange silence règne. Plus rien de pète, plus rien n’explose. On entend quelques écoulements et autres goutte à goutte, quelques chuintements, des « Psssss… » ou des « Pffuittt ! », quelques craquements. Une clochette tinte. Une clochette ? Serions-nous à l’enterrement ? Ou seulement à la mise en bière ? Pourvu que le corps ne soit pas incinéré ; il nous faudrait nous trouver un autre refuge, sortir sans vraiment y aller. [35f]


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[35dDébut-2011:03:01

[34fFin-2011:02:28

[35fFin-2011:03:01





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Tableau de bord

13 novembre 2013

[Petit déroulé : 30:06 ; 3,8 km. Texte en reprise]

Je démarre cette matinée de travail avec l’idée que je vais aller au bout de cette V-06. Il me reste sept pages à relire et, sauf urgence à réécrire la fin (cela arrive), je devrais aller rapidement au bout ce matin. Je remettrai ensuite ce texte en jachère en espérant qu’un jour il sorte de cet ordinateur et rencontre un éditeur qui me le fasse travailler afin de le publier.
Vain espoir ? Je repousse la question à une autre fois et pose ma balise. Mon écran est baigné de soleil. Aimer. Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Un « comment » était amputé de son « nt » ; je le lui rends.
Et je suis au bout de mon texte. J’avais oublié qu’il se termine sur la lettre d’amour, celle encore à écrire. Je suis bien aujourd’hui dans cette fin. Surtout les deux dernières phrases. Je m’arrête donc là et m’en vais écrire ma prochaine nouvelle en e-criture. Je suis heureuse d’avoir eu l’idée de relire ces Feuillets. Je n’avais vraiment pas mesuré leur portée ; littéraire, je ne sais pas ; mais personnelle, c’est sûr.
Je vous tiendrai au courant de la suite, ici, ou sur mon site ou ma page Facebook. À très bientôt, donc. L’écriture ne s’arrête jamais… Comme l’amour ? L’amour ? Je ne sais pas. Aimer ?
Aimer.
Ce n’est pourtant pas si compliqué.

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