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Les Feuillets de Cy Jung

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Tableau de bord

18 février 2011



[Renforcement musculaire : 25:00. Caractères ouvrés : 33497]

On m’interroge souvent sur le lien entre ma vie et mon écriture. J’ai déjà pas mal évoqué, dans ce Tableau de bord, la question du temps qui a cette fichue habitude de se mêler de la chose, le temps que l’on a, le temps que l’on se donne, le temps qui passe, le temps que les aléas de la vie dérobent. Il y a aussi, l’humeur… J’y reviendrai sans doute, peut-être, je ne sais pas ; elle transpire forcément dans le texte et je ne suis pas certaine que j’aie envie de la décoder. Il y a les événements qui font mon quotidien et l’actualité du monde : ils m’alimentent donc s’invitent dans l’écriture. Il y a enfin les questions que le mélange de tout ça pose, celles dont j’ai décidé qu’elles seraient mon sujet, celles qui émergent au fil de l’écriture, celles dont je n’ai pas même conscience et qui sont là, au détour d’une phrase, et qui me rattrapent.
Hier, j’ai renoncé à écrire. La vie m’a mise sans prévenir le nez dans mon sujet principal, me rappelant combien, en son sein, la question du sens de la mort pour ceux qui sont vivants, moi, nous, me porte à une réflexion qui me touche profondément. Je dois rétablir la distance afin de pouvoir faire mon travail d’écriture qui ne peut être qu’un travail de distanciation. Je ne sais pas trop si j’en suis capable ce matin, tant mon émotion est encore vive. J’aurai la réponse dans quatre heures.
Je corrige au moins mon plan et pose ma balise au tout début du texte. Je vais relire. Ce sera déjà ça de pris et, qui sait, cela me permettra de rapidement m’extraire de mon ordinaire. Ah ! quand le texte se fait bouée de sauvetage… Cela ne doit pas empêcher d’apprendre à nager.
Je relis à peine vingt lignes et une phrase vient, incontournable : « Mourir ; est-ce que ça fait mal ? » ; la distance n’est pas faite mais j’ai l’occasion de l’établir. Je cherche dans mon plan où la question se situe ; sans trop besoin d’y réfléchir, je la place en suite du 7, dans un nouveau point 8 qui va précéder en « je » la série des « on » sur la petite annonce. Je laisse courir le texte. Dix lignes, cela suffit. Je retourne à ma lecture du début. J’amende à la marge le 2. Il me faudra relire ce passage quand j’en serai au point ou je revendrai sur « Pan ! » (l’actuel 13) ; il pose vraiment la trame du roman. 4, 5, 6… Je lis. C’est agréable. Je ne corrige quasiment rien. Ce sera pour la V2. Je reviens au point ajouté tout à l’heure. Je le laisse. Je continue… 8, 9, 10, 11… Je lis vite. Le texte semble couler. J’en profite. Je m’arrête au milieu du 11 que j’amende dans son début ; cela suffit pour aujourd’hui. J’ai remis la distance.
Et si vous avez eu du mal à suivre l’histoire, c’est le moment de lire : seize pages en continu, la livraison est rare.

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