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Les Feuillets de Cy Jung

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Feuillets

V01-18 février 2011




 [28d] [12d] [11d] [9d] [5d] [3d] [2d] [1d]

1.

C’était donc ça. Juste ça. Pas plus que ça ? Quand on pense à ce que l’on a pu croire, espérer, inventer, codifier. Juste ça. Ni plus, ni moins. On y est.
On y va ?
Allez ! il faut sortir de là.

2.

On nous avait parlé d’un couloir, d’une porte, d’un passage, d’une rivière, d’un désert à traverser, d’une oasis, d’une destination à trouver. On nous avait parlé de paix, de sérénité, d’un silence inconnu. Quel vacarme ! Et vas-y que ça pisse dans un sens, que ça grouille dans l’autre, que ça se dilate, que ça se tord, que ça se fend ; que ça pète. On attend son tour. Il fait encore chaud. On se prélasse. Les humeurs nous emporteront-elles ou sortirons-nous de là emmaillotée dans des lambeaux de chair en décomposition ? On ne sait pas. On est un peu perdue. Calme mais perdue.
On s’ennuie.
On observe. Ça suinte cette fois. Ça enfle. On craint une prochaine déflagration. On n’a jamais aimé les coups de feu. Cela nous faisait peur. On a changé d’état. On ne devrait plus. Et pourtant, il en reste quelque chose, de la peur. Quoi ? C’est difficile d’exprimer ce que l’on ressent. Ressent-on encore ? On l’ignore. On s’irrite de ne pas pouvoir en dire plus. Cela viendra. On l’espère. Sait-on encore espérer ? Il le faut ; chacun en a besoin.
On a envie de pleurer. C’est très subit. Puis de rire. Pleurer. Rire. C’est pareil. On ne contrôle plus les émotions. Il faut laisser filer. Et sortir. Se tirer. Bye-bye, c’est fini, fini, cette vie. On nous avait parlé d’une autre qui commencerait alors. On ne savait pas. On ne sait pas plus. On disait, sans savoir. On avait besoin de se rassurer. Cela faisait peur. Peur. Encore. Comme les coups de feu. Pan ! Et les bombes. Boum ! On ne comprenait pas pourquoi cela explosait. On s’inquiétait. On s’angoissait. Il ne fallait pas. On est bien, au chaud de la chair, fut-elle en train de se putréfier. Il faut en profiter. Cela ne va pas durer.
Pourquoi ?
Parce que l’on va sortir et parce que le corps, bientôt, ne sera plus. On sera seule, sans chair, sans os, nue. Est-ce possible ? On frissonne.
Sortir. On n’a pourtant pas le souvenir que dehors il fasse si froid ni que le corps nous tienne si chaud. On mettra un bonnet, une écharpe. On a bien des pulls qui traînent dans un placard, une armoire, le tiroir d’une commode, sous un lit, sur une chaise, dans un panier. Et des gants. Une polaire.
On va sortir. Quand ? Vers où ? Pourquoi ? Parce que c’est comme ça. Un crochet fait un jeté. Il ramène le fil dans la maille. La boucle se forme. C’est une maille serrée. Pour faire une bride, il aurait fallu faire un second jeté. De quoi parle-t-on ? De sortir le crochet de la maille avec le fil pris au piège. Sortir le poisson de l’eau. Il se débat. Il frétille. Il suffoque. Ses branchies ne sont pas poumons. On lui ouvre le ventre. On retire les entrailles. Cela ne sent pas très bon. On gratte les écailles. Comment va-t-on le faire cuire ?
On l’ignore.
Le poisson.
On ignore le poisson, les écailles, l’air, la ligne et l’hameçon. On ignore tout de ce qui est. On est là dans un autre monde qui est le même que celui que le corps a quitté et dont on doit sortir. C’est la perspective qui change. On ne sait pas vraiment de quoi il s’agit. C’est assez nouveau. On va devoir faire un effort, comprendre, sortir. « Bouge de là ! », disait une chanson. « Sortez-vous les doigts du cul  ! », braillait un entraîneur sportif. On n’est pas sur un stade. On pourrait y être. On pleure. Non, c’est le corps qui se distille. Ça pue pire que les entrailles du poisson.
Comment sentir ? Comment entendre ?
On éprouve.
On ne voit plus. On ne pense plus. On éprouve.
Les mots n’y sont plus. On les utilise juste pour les besoins de la retranscription. Un café. Il est froid. Une minute au micro-onde va le réchauffer. Il sera moins bon. Tant pis. Un thé. Le thé supporte mieux d’être passé au micro-ondes. La tisane encore plus. Verveine. Et l’amour ? On ne réchauffe pas l’amour ; c’est lui qui nous réchauffe. On le disait. On y croyait. Et le café est de nouveau froid. On parlera de la vie, aussi. C’est important, la vie, d’en parler. La perdre autorise la désincarnation, la sortie, si l’on préfère. On préfère. Et la vivre, cela autorise quoi ? On va bientôt savoir, on le sent. À moins, qu’une fois encore, on n’y comprenne rien, à la vie, à la mort, à l’amour, à la manière de réchauffer le café et de vider le poisson. [11f]
Et s’il y a des œufs dans les entrailles, on les mange ? Oui, on les fume et on fabrique un bon tarama, avec des tonnes de crème fraîche et du citron. On avait un ami qui savait faire ça. On l’a perdu, l’ami. Ou égaré. C’est moins triste de dire que l’on égare ses amis plutôt que de les avoir perdus ; cela donne l’impression qu’on peut les retrouver même si l’on sait que l’on n’égare jamais personne par hasard, même pas un enfant. Surtout pas un enfant. Ce serait comme dire que le Petit Chaperon rouge ignorait qu’elle avait été désignée par la crémière pour finir dans la gueule du loup quand elle lui avait confié un petit pot de beurre bien frais à exhiber dans la forêt. On sourit. Ça suffit du Petit Poisson rouge. On mélange tout. On doit se taire. On n’a plus rien à dire.
Silence. On éprouve.
On a du mal encore. C’est si nouveau. Si soudain. Et si long, désormais.
Attendre. On n’a jamais aimé ça.
Patienter. Encore moins.
On trépigne.
On pourrait nous prêter quelque chose à lire ? Un journal, par exemple ? On a toujours aimé lire le journal.
Sortir. [2f]
Sortir acheter le journal.
Prendre l’air.
Ce n’est pas encore le moment. Il faut tuer le temps. Pan ! Boum ! Pardonner. On est seule, là. On peut tout se permettre. Dieu, le fameux, n’y est pas. On ne l’a pas encore vu, en tout cas. Ni éprouvé, puisqu’il est bien question de cela. On ne nous a pas donné le mode d’emploi. On a confiance, pourtant. On sait improviser. C’est dans nos gènes, une sorte d’atavisme propre à ce que l’on est. Qu’est-ce que l’on est ? On n’a pas vraiment le mot exact pour le dire. On est de ce qui du corps après la mort doit sortir. L’espace se resserre un peu. Il fait plus chaud encore. On étouffe. On suffoque.
— Atchoum !
Qui a éternué ? [6d] [10d]

3.

Pourquoi pas ? L’amour.
Parce que c’est trop compliqué.
On oublie et on va faire la vaisselle. Il y a toujours une petite cuiller à laver, quelque part, surtout dans la bassine. Elle trempe, entre deux bulles de savon, un couteau d’office, un couvercle brûlé par les cuissons et un ramequin en Pyrex. Oh ! la belle éponge. Ça va gratter !
On rit. On se trouve drôle. On passe les assiettes d’un bac à l’autre ; le premier pour laver ; le second pour rincer. On économie l’eau. On est une bonne citoyenne. On sauve la planète. On ferme les yeux. On voudrait une image. Dix bons points sont nécessaires pour y prétendre. On ne les a pas. On n’a pas réussi à les avoir. On n’a pas su. On ne rit plus. L’amour. C’est quoi l’amour ? On cherche ses marques. On oublie encore. On essore l’éponge. On prend une veste. On descend la poubelle [4d] par l’escalier. Et on sort par la porte ?
On ne voit pas de porte. On ne voit pas de sas, pas de cheminée, pas d’éponge qui gratte, ni de ramequin en Pyrex, ni d’assiette à récurer, ni de bulles de savon. Que faire ? C’est pire que dans un sous-marin, le bruit, l’odeur, la promiscuité, la pénombre et ces lumières qui clignotent, la pression sur la chair. Sortir. Encore faudrait-il savoir comment. Ça a l’air plus compliqué que de faire la vaisselle.
Sortir.
Allez ! on s’en va. C’est fini. Partir ? L’entreprise est toujours un peu vaine.
Sortir. C’est mieux. [10f]

4.

Ta main se pose. Je m’en souviens. Elle est d’emblée sur mon ventre, froide. Je frissonne. Tu la retires. Je la rattrape. Tu as cru que je la refusais. Ce n’était pas le cas ; c’était juste mon corps qui répliquait à la différence de température.
Tu ne dois pas avoir peur.
Viens. Colle ta peau sur la mienne. Tu aimes que l’on soit soudées, au risque de l’étouffement. Je ne crains rien ; tu es une plume. Viens. Viens sur moi. Appuie. Écrase-moi de tout ton poids. J’aime quand tu es là, même si ta peau est froide. Je la réchauffe. J’aime l’effet de ta pesanteur.
Ton ventre épouse le mien. Ta tête fraie dans mon cou. Tes baisers cherchent mon oreille. Ils trouvent ma bouche. Ma langue ouvre tes lèvres. On s’emballe. [1f] Je fixe mes mains sur tes fesses. J’appuie. Nos ventres se marient de quelques millimètres de plus. J’écarte les cuisses. Nos pubis s’épatent. Nos clitoris se rencontrent, presque. On y croit. C’est bon.
C’est bon d’y croire.
C’est bon de jouir. On y va. Partir.
Non ! Je veux rester là, près de toi, toi sur moi, bientôt toi dans moi, ton doigt, tes doigts, ta main, tes mains. Et tes baisers. Ta langue, aussi, qui fouit dans ma bouche. Tes lèvres qui reviennent à mon cou. Viens. Entre. Prends. Fonds. Fends. Fonds-toi. Fends-moi. Imprègne. Éprouve. Viens ! Éprouve ton désir de moi jusqu’à ce que mon plaisir s’en ensuive et que l’amour s’écoule.
Non ! doucement. Attends encore un peu. Caresse-moi sans nous disjoindre. Reste là. J’ai besoin de ta force. J’ai besoin de ta chair qui s’imprègne, qui marque la mienne de son empreinte, qui comprime chaque pore de ma peau. Viens. J’ai besoin de te sentir encore, que ton désir s’inscrive dans le temps. Caresse-moi toujours ; là, partout où mon désir rôde. Viens, je suis à toi. Caresse-moi. Non ! pas les seins, s’il te plaît. Je n’aime pas ça. [4f]

5.

J’ai mal dans les avant-bras, à l’intérieur, exactement là où l’on se coupe les veines. Du moins, j’imagine que c’est là. Je ne me suis jamais coupé les veines. Je ne pourrais pas. Tout ce sang ! Rien que d’y penser, j’ai un vertige. Je ne supporte pas la vue du sang. Je ne supporte pas l’idée de la vue du sang. L’idée me suffit ; la vue me fait défaut. Je ne veux pas mourir. Jamais.
Pas maintenant.
Je ne veux pas pisser le sang. J’ai mal. L’intérieur de mes avant-bras est un point de souffrance. Elle sort par là. Ou par le ventre. Ce n’est pas la même. Par le ventre, c’est l’angoisse qui sort. Par les avant-bras, c’est le mal-être. C’est pire. Il aurait pu choisir une voie ouverte, le mal-être, car à travers la paroi des veines, la chair et la peau, cela fait vraiment mal. Un mal étrange, pas comme une rage de dents. [14d] Une rage de mal-être.
Je dois garder la souffrance dans mes avant-bras, sinon je prends le risque de pisser le sang.
Pas maintenant. [13d]
Je verrai plus tard pour mourir. Là, ce n’est pas le moment. Mais j’apprécierais que cela arrête de faire mal.
Maintenant.

6.

Sortir. Ce n’est pas le moment. [8d]
Qui en décidera ?
Est-ce que quelqu’un décide ?
On ne sait pas. On doit y réfléchir. La liberté. La marge de manœuvre. Voilà des questions philosophiques qui ont de quoi nous occuper. S’agit-il vraiment de philosophie ? Il nous manque un dictionnaire, pour trancher. Ou une encyclopédie. Des livres. Un dictionnaire, plutôt. Une guillotine. Cela tranche plus sûrement, une guillotine. Ceux qui y sont passés vous le diront. On pose la tête sur le billot et hop ! ça tombe dans le panier, celui où l’on rangeait d’ordinaire ses culottes, ses bas ou ses chaussettes. Ou l’ensemble. Ses pelotes de laine.
Qui va décider ?
Penser. S’occuper. On aimait tricoter pour s’occuper les mains afin de penser sans se ronger les ongles ni se gratter les pieds. Tricoter. Compter. On aurait dû emporter un crochet. On n’a pas eu le temps de faire ses bagages. Tout ça fut si rapide, imprévu. On aurait pu le prévoir. On savait que cela arrivait à bien des gens, des gens bien, que cela ne pouvait que se produire. On a manqué de sagesse. On s’est voilé la face. On n’a même pas fait son testament. On n’avait pas grand-chose à léguer. Des droits. On n’avait pas grand-monde auprès de qui le faire. On n’aurait pas aimé décider. Et maintenant ?
Du papier. Un stylo. On écrit. Il est trop tard pour tester. Le notaire a déjà pris les choses en main. On établit la liste de ce que l’on aurait emporté avec soi, de ce dont on aurait besoin, là, pour sortir.
Une tarte aux fraises. Non ! ce n’est pas le moment de plaisanter. Établir une liste est quelque chose de grave, surtout celle-ci. On a toujours adoré établir des listes. On aimait ne pas oublier, ne manquer de rien et surtout pas de café. Cela nous était insupportable, de manquer de café. Du sucre, on n’en mettait pas. Du lait, non plus. Pas de glace dans le whisky. Pas de beurre avec les radis. Ni de sel.
Il nous faudrait donc, pour sortir, … Une bible. Ça pèse, une bible et à défaut de la lire, tâche que l’on avait réservée à un séjour en prison qui n’est finalement jamais survenu, cela permet de taper, frapper, occire. Y aurait-il quelqu’un de plus à tuer que notre corps qui gît déjà, mort, tout autour, et dont on cherche à se séparer ? Sortir. Tuer. Détruire. Dieu, sans doute, à moins qu’il ne s’agisse de ses saints. Lui, le pauvre bougre, n’y est pour rien. Cela nous amuse de le traiter de bougre ; un pasteur nous a dit un jour que le bougre désignait autrefois les invertis. Dieu est un pédé suisse. Pourquoi suisse ? Pour garder le pape, pardi. On s’amuse encore. Il faudrait cesser et revenir à la liste. C’est important, cette liste. Toutes les listes.
Une Bible, donc. Pour cogner. Et pour trancher ? Un dictionnaire, on l’a dit, même si la guillotine s’y serait mieux prêtée. On a le temps. On ne vise pas l’efficacité. On aurait pu prendre une hache, une feuille. Une tronçonneuse. Il n’était pas dit que l’on aurait trouvé de station service pour l’alimenter en sans plomb 95 et la prise électrique est occupée par l’antimoustique. On reste sur le dictionnaire.
Une Bible. Un dictionnaire. Un poisson, de préférence pourri. [13f] Il couvrira l’odeur de la chair qui se putréfie. Peut-être même qu’il l’éloignera. Fallait-il que l’on en arrive jusqu’ici pour inventer le contre-feu olfactif ? On rit encore. On est bon public. Il ne faut pas. L’instant est solennel. Que l’on ne nous demande pas pourquoi. C’est comme ça.
Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, « un Lego, mais sans mémoire ». On se dissipe encore. Ça suffit. On oublie le Lego. Que nous faudrait-il d’autre ? Un couteau suisse. Décidément, la Suisse. C’est aussi le nom d’une salamandre et d’un poisson. Cela tombe à pic. Le couteau doit permettre de vider le poisson dont la variété n’était pas fixée. Celui-là a des reflets d’or sur le ventre. C’est joli. Pourquoi alors l’ouvrir ? C’est de peu d’utilité à part répartir ses entrailles et en étaler l’odeur. Et du pain pour la tartine ? On doit penser à tout. On aurait dû, avant, car là, on est démunie. On n’a même pas de quoi écrire pour mémoriser la liste. On doit la réciter.
Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse et une tartine. Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse et une tartine. Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse et une tartine. Une Bible… Ça suffit ! On fatigue. On poserait volontiers sa tête sur un oreiller. On n’a pas de tête. C’est le corps qui la détient. Ce n’est pas grave. On pose la tête quand même, on ferme les yeux, on pense à autre chose. On frissonne. On remonte la couette. On sourit. C’est bon d’être là. On va pouvoir s’endormir. Et quand on se réveillera, peut-être sera-t-il temps de sortir ?
Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse, une tartine, un oreiller, une couette et un tire-bouchon. Personne n’a jamais parlé de tire-bouchon ? Personne. Il est apparu dans la liste, comme ça, sans que l’on ne sache pourquoi. Il se passe tant de choses étranges, par ici. Un tire-bouchon ! Et pourquoi pas une tarte aux fraises tant que l’on y est ? Pourquoi pas, en effet.
 [16d] Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse, une tartine, un oreiller, une couette, un tire-bouchon et une tarte aux fraises.
— Dans ta gueule !
Pardon ?
On s’excuse. On a pris un appel. [12f] [17d]

7.

On tue le temps.
On laisse tomber la bible. Boum ! Ça fait peur. On oublie. On ne veut plus avoir peur. Plus jamais. La peur tue l’envie. La peur plombe l’espoir. Sortir. On pense de nouveau à ce dont on aurait besoin même si l’on n’a aucun moyen de le savoir. Une bible à terre, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse, une tartine, un oreiller, une couette, un tire-bouchon et une tarte aux fraises. On se souvient que l’on préférait les pommes à la fraise. On va devoir faire une nouvelle liste. Plus tard.
On se repose. On se lave le nez. C’est le corps qui suinte. Il n’en a pas fini de se liquéfier, on dirait. Il pète aussi. De plus en plus. Peu nous chaut ! On a de quoi nous occuper. Longtemps. Très longtemps. Entre deux questions philosophiques, on relit une lettre d’amour. Sait-on lire à présent ? C’est une lettre de rupture. L’amour est en rupture de ban. Si seulement ! Sortir. On attend. [5f] Écrire. Lire. On peut tout faire à présent.
On attrape le dictionnaire. On l’ouvre au hasard. Le nez coule à flots. Une goute s’aplatit sur la page. La définition de « billot » s’efface. Un mot de moins. C’est triste, une telle perte. On épluche des pommes avec le tire-bouchon. On lit la lettre aux amours perdues. On pleure. On se ressaisit. On se gratte les pieds. [9f]
A-t-on jamais vu autre chose qu’un corps éplucher des pommes, lire, pleurer, se ressaisir ou se gratter les pieds ? On n’a jamais vu. Mais c’est écrit : « On épluche des pommes avec le tire-bouchon. On lit la lettre aux amours perdues. On pleure. On se ressaisit. On se gratte les pieds. » Cela suffit à établir la vérité même si les mots, toujours, ne disent pas forcément ce qui se passe, ce qui est, ce que l’on ressent ; surtout ce que l’on ressent. [14f]
C’était déjà le cas, avant. Les mots ne disaient rien, ou en disaient trop, pas assez. On s’y perdait. On se taisait. Et l’amour reculait. Alors, quand on dit aujourd’hui que l’on se gratte les pieds ou que l’on épluche des pommes avec les écailles du poisson, c’est vrai, et on ne doit pas le discuter. Ici, ce qui est vrai est ce que l’on éprouve et ce qui est écrit, car voir n’est pas voir, entendre n’est pas entendre, lire n’est pas lire, penser n’est pas penser, etc. On se comprend. C’est l’essentiel. On est seule, à présent. On n’a pas de comptes à rendre, ni sur les mots, ni sur ce qui serait vrai, faux, sur ce qui serait.
Va-t-on rencontrer du monde et devoir à nouveau faire la conversation, tergiverser, débattre ? Quel monde ? On n’a plus rien à dire, à personne. On est seule, face à… Éprouver. Sortir.
Bien sûr, il y a Dieu, le fameux. On racontait, dans certains cercles, qu’on ne le rencontrait pas forcément, ou qu’il fallait marcher, le mériter, souffrir, beaucoup, pendant le temps que durait la vie et, que si ce n’était pas le cas, il nous faudrait expier. Faire pénitence, du plaisir. Quelle absurdité ! On disait tant d’inepties, avant. Et maintenant ? On dit vrai. On n’a pas le choix ; on doit faire confiance aux mots : ce sont les seuls à être encore en mesure de dire. On n’a plus qu’eux. Les mots, moins « billot », que l’on vient de perdre. Et Dieu.
Lequel ?
Aurait-on perdu Dieu ?
Non, juste « billot ». Dieu n’est pas à la même page. Il n’est par contre pas trop loin du diable et de ses fournaises qui embrasent la littérature depuis que littérature il y a. On ignore à quand cela remonte. On sait si peu chose, même pas si le diable est l’ami de la rose.
Dieu non plus.
Mitterrand, oui, lui l’était. On sort du sujet.
On éternue. On se mouche. Il faut bien que cela surgisse de quelque part, que cela sorte. Cela. On. Les pronoms sont interchangeables. Seule la vérité compte, celle qui s’écoule avec les tempéraments. Les mots transpirent. Ils suintent, comme le corps. Ils pètent. Parfois, ils puent. Peu nous faut ! On a de quoi s’occuper longtemps. Très longtemps.
On éternue encore. Et on se gratte les pieds. On ne lit plus. On écoute. On se fige. On s’étire. On se ferait bien un café. On cherche une épicerie. Mais qu’est-ce cela vient faire au milieu de ce fatras de chair et de pensées en décomposition ? On baisse le rideau. On reprend la lettre qui attend sa réponse. On s’installe. On relit. On écoute encore. On se concentre. On a vraiment envie d’un café. On retourne à l’épicerie. Elle est fermée. On devra faire sans. D’aucuns devaient bien le savoir que l’on trouverait porte close ! Ils auraient pu le dire plutôt que de se taire, ceux qui savent. Les fous. Les poètes. L’idée est simpliste. On sait. On aime se l’entendre dire. « L’amour, l’amour, l’amour ». C’est une rengaine qui construit la chanson. On la veut douce. Elle enivre. « Je veux trouver… » La sortie.
L’amour. Un café. Une épicerie.
On tue le temps.
On attend la réponse. On ne sait pas si l’on en aura une un jour, quand. Alors on lit encore. La lettre n’est pas aimable. On n’est pas aimable. On se plaît, on s’est plu, on s’est dit oui et voilà. L’amour s’arrête avant que la mort ne survienne, un jour, comme ça. Était-ce le bon moment ? La question est idiote. C’est le moment. C’est tout. Et la réponse qui ne vient pas. On attend encore. On n’a que ça à faire, attendre, lire, se gratter les pieds, effacer les mots du dictionnaire, éplucher les pommes, vider le poisson, laver le couteau suisse, éprouver, sortir. Le corps est toujours chaud. Les fractions de seconde sont figées dans le sang, les humeurs ont pris la place du temps. Ça fouette.
On relit un texto. C’est un moyen comme un autre de patienter. On a notre téléphone portable. Est-ce que la carte Sim est valide ? Et le réseau ? Y a-t-il du réseau ? Voilà qui nous occuperait, envoyer des textos. On se croirait dans le métro, voleur à la tire en moins. Ne jurons de rien ; le corps est plein de surprises, bonnes ou mauvaises. Un texto. On cherche quoi écrire à qui. On s’étonne. On sent comme l’objet entre nos mains. Il n’y a pas d’objet, pas de mains. Sont-elles déjà décomposées ? Ce n’est pas ça ; tout le monde l’aura compris. Comprendre. C’est le nerf de la guerre. De la vie. La vie n’est pas la guerre. Ah bon ? [6f] Qu’est-ce que c’est, alors ?
Qu’est-ce c’est d’autre ? [18d]
Sortir. La réponse y sera-t-elle ?
Il va nous falloir au moins ça pour comprendre cet outre-monde, comprendre pourquoi on se gratte les pieds, pourquoi on se mouche, pourquoi on envoie des textos. Pourquoi on lit. Pourquoi on savoure une gorgée de café adossée au rideau de l’épicerie en épluchant des pommes avec une tarte aux fraises, le pied posé sur une Bible à terre, la tête tranchée par un dictionnaire devenu muet. Qu’en est-il du tire-bouchon ? Et du poisson qui pue ?
Pourquoi on crie.
Pourquoi ça fait si mal, parfois.
Est-ce vraiment nécessaire ? Sortir. Qu’est-ce que l’on attend ? La réponse, on l’a dit. Et après ? Sortir, c’est autre chose. On y est. On y va. Entre temps, on tue. On éternue. Le temps. L’amour. La vie, elle, n’est déjà plus. C’est vraiment compliqué cette histoire, surtout si l’on rajoute le couteau suisse, l’oreiller, la tartine et la couette. Quel équipage ! Le cœur ne bat plus. On s’en va. On n’en peut plus. [21d]
C’était quoi, déjà, le bon verbe ?
— Éprouver. [7f]
Merci. Ça nous intéresse. [19d]
Y aller.

8.

Mourir ; est-ce que ça fait mal ?
Je ne veux pas souffrir, pas maintenant, plus jamais. Je ne veux pas pleurer. Un point se forme au coin de mes yeux. Une larme va sortir. Je gaine. J’emplis mes poumons d’une large goulée. Je serre les lèvres. Mes paupière évacuent l’humidité qui cherchait à se faire goutte. Je relève la tête. Le point est passé au centre du front. Je respire fort encore, loin.
Je me lève d’un bond faire pipi. Plus jamais, pleurer. Le verbe me tire une larme, à droite. L’œil gauche, lui, regarde. Le point se dissipe. Ma vessie élimine. J’essuie. Je remets ma culotte. Je souris.
Il était temps. J’ai bien cru que cela allait arriver. Plus jamais.

9.

« JF, 47 ans — on était encore jeune à cet âge-là — cherche âme éclairée pour l’aider à t’aimer. »
Cela n’a pas de sens. Personne n’aide à l’amour et, à l’exercice, on n’a jamais été trop aidée. On rit. On se trouve bête. L’annonce est sans objet. On doit y renoncer.
Oublier.
Partir.
Non. Sortir.
On ne doit pas tout confondre. On n’est pas là pour régler des comptes. On est là pour comprendre. L’amour. Les mots qui disparaissent du dictionnaire. Les tartes à terre. Les poissons que l’on tranche avec un tire-bouchon. Les fraises. Les Bibles qui puent sous l’oreiller. Les couettes suisses à la fraise. Les petites annonces qui n’ont pas d’objet, pas de sens, aucune portée. Les lettres d’amour, celles que l’on n’a pas reçues, celles que l’on n’a pas lues, celles qui arrivent trop tard, celles que l’on n’a pas postées, celles que l’on n’a pas encore écrites, celles que l’on n’écrira jamais, toutes les autres. Et le soleil qui demande à Dieu pourquoi le sang se fige quand le cœur cesse de battre.
Attendre. Cela suffit, maintenant. On doit agir, quand, bouger : on est là pour comprendre, déplacer la pensée, oublier ce que l’on sait. Renoncer. Sortir. Est-ce la même chose, un lien de cause à effet, ou juste une figure ? C’est une piste. Il nous faudrait un chien, pour la suivre. On n’est pas assez amblyope pour en avoir un qui saurait nous guider. C’est dommage. C’était peut-être une bonne piste.
Si c’était, on ne la perdra pas, avec ou sans chien. De toute façon, on n’aime pas les chiens. On n’aime pas. On n’aime plus. Plus jamais. Impossible. À part se gratter les pieds. Cela nous détend. Cela nous apaise. Dans la liste, on a oublié la corde à linge. Et une pince, pour que le nez cesse de couler. L’estomac vient d’imploser. Il a dû se fendiller d’abord ; on n’a rien entendu, même pas un bruit sourd. On se bouche le nez avec la pince que l’on n’a pas. Une bouillie proche de l’idée que l’on se fait de l’immonde se repend.
— Il y aura pire !
Qui parle ?
On reprend la lettre que l’on n’a pas encore écrite. On la déchire. On glisse les morceaux entre les pages du dictionnaire, pour l’alimenter. C’est vorace, un dictionnaire. Une Bible, ça l’est moins. Le texte est définitif, mort, en quelque sorte comme ce corps que l’on habite et qui se délite. On s’assoit. On a de nouveau besoin de se reposer, la tête sur l’oreiller, le cœur au chaud de la couette. On a envie de dormir. On ferme les yeux. Un éclair apparaît. On les rouvre aussitôt. On fatigue à trop serrer entre les dents la tartine de poisson qui pue.
Et ce n’est rien. Cela vient d’être dit. Le plus difficile est à venir.
Sait-on ?
On imagine qu’avant de sortir, on devra en passer par un bilan, accepter, renoncer, pardonner, faire d’autres listes peut-être. Cela nous rappelle le jour où l’on a décidé de changer d’orientation professionnelle. On vendait des poules vivantes sur les marchés et, sans prévenir, cela nous a dégoûtée, un peu comme l’odeur de l’estomac nous dégoûte à présent, même le nez bouché.
Alors on est allée au pôle emploi, sans C.-V.. Au vu de notre expérience dans la volaille, on nous a proposé un travail dans un abattoir spécialisé dans le poulet industriel. On vendait des poules vivantes. Comment imaginer tuer ces pauvres bêtes, à la chaîne, partout du sang, des plumes ? Et pourquoi pas du goudron ? On n’était pas au bord de la mer ; on ne savait pas comment provoquer une marée noire et mazouter ces pauvres poulets pour les endormir avant de leur trancher la tête d’un coup de dictionnaire, ne pas les entendre piauler.
On a renoncé, très vite, et on a choisi d’être boulangère, pain blanc, jolies miches. On a toujours aimé les poules à jolies miches.
On est vulgaire. Tant pis. Cela nous arrive. C’est une manière comme une autre de se détourner des émotions. C’est facile. On sait. On biaise. On fait parfois juste ce que l’on peut, même coincée dans ce corps dont il nous faut sortir avant que les portes du paradis ne soient définitivement fermées. Foutaise ! Le paradis est un conte pour enfants, comme l’enfer. Les poules y cuisent en rôtissoire. Les chiens y aboient. Et les fraises poussent sur les tire-bouchons.
Sortir. Il nous faudrait des clés. Elles sont posées sur l’étagère, dans l’entrée. Il nous faudrait une canne à pêche, ou un aimant avec une ficelle, une épuisette, un parapluie, une canne anglaise, un harpon, une main, une tapette, une idée, pour les attraper. Il nous faudrait une nouvelle liste. On aimerait qu’elle contienne une lettre d’amour. Un facteur serait nécessaire. Un timbre. Une adresse.
Un chien aboie. On se terre.

10.

« JF, 47 ans — on était encore jeune à cet âge-là — cherche âme éclairée pour la guider dans son amour. »
La « guider dans son amour » ? Cela ne veut rien dire. [16f] La bonne expression nous manque. On ignore comment formuler ce que l’on cherche, de quoi l’on a besoin. On turbine. On échoue. C’est agaçant, et fatiguant, usant, cette difficulté permanente à trouver les phrases comme si le nez avait coulé si fort que le dictionnaire nous privait définitivement des mots nécessaires à la pensée.
Il nous faut à chaque instant aller les chercher, loin, loin dedans, au plus profond ou tout à la surface. Laisser surgir. Frémir. Comment se fait-il ? On ne sait pas. On éternue. Un nouveau mot disparaît. Lequel ? Pourvu que ce ne soit pas « sot-l’y-laisse » ; c’était un morceau que l’on aimait. Fugace. Celui-là résiste. L’air frais manque. Où ? Dans le corps ? À la liste ? On se croirait dans un abattoir pour poulets élevés en batterie. On a nous dit qu’ils n’avaient jamais couru. C’était pourtant si bon, de courir. Les jambes moulinent au gré de l’esprit qui décolle. On serre les fesses. On gaine. La foulée s’allonge. On savoure la vitesse. On perd le souffle. On le retrouve. L’eau coule dans le gosier. On réclame encore de l’air. C’est une image. Éprouver. Se jeter dans le vide. Courir. Sortir. Voler.
Pauvre petit poulet. L’annonce est à refaire.
« JF, toute sa vie — on le restera, jeune — cherche âme douce et éclairée pour aimer à sa place. » [18f]
C’est idiot cette idée que l’on pourrait aimer à notre place ! Vraiment, idiot. Bête à manger du foin. Imbécile. Sot. Stupide. Nouille. Crétin. Tarte. Niquedouille. Noix. Serin.
On arrête là. On ne va pas se refaire le dictionnaire. Cela donne faim et les bons mots ne sont pas très utiles. Qui le dit ? Personne ne l’ose. Là où l’on est, on a désormais tous les droits, s’amuser, rire, et même écrire des petites annonces sans objet et décapiter des poulets à la chaine. C’est un peu la même chose. Ça saigne et ça crie. Ça souffre. Aimer. Souffrir. Ce ne doit pas être la même chose. Ici tout est envisageable. Qu’est-ce que c’est chouette ! Foutaise ! Le paradis est en grève. La lettre est coincée dans un centre de tri par un piquet tenu jour et nuit par des gros bras de la CGT associés aux ultras de chez SUD. Ils mangent des merguez, sans arrêt, et chantent l’Internationale, la bouche pleine. On les envie même si on ne l’aura jamais, notre lettre, et même si « tant pis » a été effacé par une goutte de sécrétion nasale qui n’a jamais rien connu de la révolution prolétarienne et pourtant en décide.
Misère ! Désespoir ! Quoi de plus ?
 [23d] Il nous faudrait au moins une chanson de Joe Dassin pour remettre un peu de joie dans tout ça, un peu d’espoir. L’équipe à Jojo ? C’est parfait. [3f] On chaloupe. On grillerait volontiers une cigarette avec la bande. On roule des plumes dans une page vierge de la Bible à terre. On badigeonne l’intérieur de la baguette de moutarde avant d’y glisser deux merguez presque brûlées mais dont un peu de jus coule encore.
C’est bon. Sortir. Autant faire simple.
« JF cherche âme pour aimer. » « Pour », « à » ? C’est toute la question.
« JF cherche. »
— Cherche ! Cherche ! Bon chien.
Qui parle encore ?
Qui parle ainsi ?
C’est déplaisant. Blessant.
Attention à ne pas balancer derechef la tarte aux fraises ! On a deux merguez dans le pain. [22d] [26d]

11.

On s’ennuie. On patiente. On tourne en rond. Assis. Debout. Couché. Un vrai truc de…
— Judoka.
Merci. [19f] On aurait pu craindre pire.
Assis. Debout. Couché. On s’ennuie. Sortir. On doit encore attendre. On s’occupe. Lire. Faire la vaisselle. Écrire, un mail, un texto. Payer le loyer. Tricoter. Tondre la pelouse.
On se mouche. On se gratte le nez. Que faire ? Brancher l’aspirateur. L’éteindre aussitôt. Courir. Regarder passer les trains. Traire les vaches. Gagner au loto. Se battre.
On découvre un bouton juste à la base de la narine. On insiste. Pas de pus. Pas de sang. Pas de lymphe. Le privilège est toujours à l’estomac, qui se répand. Les viscères ne vont pas tarder à s’y mettre. C’est infect. On essaie de penser à autre chose. C’est difficile quand on s’ennuie. On pourrait rêver que l’on est président de la République. Ou maire. C’est peut-être mieux, d’être maire. Encore faudrait-il que l’on sache ce que rêver signifie. On doit se concentrer, retenir les mots qui partent, revenir au dictionnaire. Étendre le linge. Se laver les dents. Ronger son frein. Chanter. Jouer au bridge. Scanner un article de Que Choisir. Allumer la télé. Danser. Dormir.
On éternue, loin du livre ouvert. On épluche une pomme. On fait le ménage un plumeau à la main. On sort la serpillière. Le temps passe plus vite. On navigue. On a loué un hors-bord. On met les gaz. Non ! c’est le corps qui pète. [28f]


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Tableau de bord

13 novembre 2013

[Petit déroulé : 30:06 ; 3,8 km. Texte en reprise]

Je démarre cette matinée de travail avec l’idée que je vais aller au bout de cette V-06. Il me reste sept pages à relire et, sauf urgence à réécrire la fin (cela arrive), je devrais aller rapidement au bout ce matin. Je remettrai ensuite ce texte en jachère en espérant qu’un jour il sorte de cet ordinateur et rencontre un éditeur qui me le fasse travailler afin de le publier.
Vain espoir ? Je repousse la question à une autre fois et pose ma balise. Mon écran est baigné de soleil. Aimer. Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Un « comment » était amputé de son « nt » ; je le lui rends.
Et je suis au bout de mon texte. J’avais oublié qu’il se termine sur la lettre d’amour, celle encore à écrire. Je suis bien aujourd’hui dans cette fin. Surtout les deux dernières phrases. Je m’arrête donc là et m’en vais écrire ma prochaine nouvelle en e-criture. Je suis heureuse d’avoir eu l’idée de relire ces Feuillets. Je n’avais vraiment pas mesuré leur portée ; littéraire, je ne sais pas ; mais personnelle, c’est sûr.
Je vous tiendrai au courant de la suite, ici, ou sur mon site ou ma page Facebook. À très bientôt, donc. L’écriture ne s’arrête jamais… Comme l’amour ? L’amour ? Je ne sais pas. Aimer ?
Aimer.
Ce n’est pourtant pas si compliqué.

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