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Les Feuillets de Cy Jung

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Tableau de bord

7 février 2011



[Course : 6,6 km : 49:33. Renforcement musculaire : 12:00. Caractères ouvrés : 4372]

Vendredi, je discutais de ces Feuillets avec Gouinella — la vraie ! — que j’ai la chance d’avoir pour amie. Assez émue, elle m’a dit être gênée de venir me lire, sans doute parce qu’elle me connaît, remarquant que je « lâchais » beaucoup, avec ces Feuillets, avec Piste rose en téléchargement ou encore avec mes Photocriture (notamment celui où je parle de mon père). On a ainsi parlé de la difficulté de se livrer, et pour ces Feuillets, de mettre en ligne, comme ça, au jour le jour, brut, quel que soit l’état du texte.
Ma réponse a été quelque chose comme « J’ai effectivement l’impression de me mettre à poil ». Dans un mail à Isabelle, plus tard, je faisais une comparaison entre ce mode d’écriture et un peep-show à Pigalle… Ferais-je un lien entre écritures et strip-tease, effeuillage en effet ? Je n’en suis pas loin à cette nuance que personne n’a payé pour voir. La crise, mon âme, la crise…
Quoi qu’il en soit, je me régale de cet outil et en conclus que je suis une écrivaine exhibitionniste. Voilà, c’est moi qui l’aurai dit. Et je danse, « Jusqu’au bout de la nuit, je sais que plus rien ne m’arrête… » ; c’est parti pour une matinée d’écriture avec une idée qui m’est venue il y a quelques lignes : et si le titre de ce roman tournait autour de « Les feuillets »… « L’effeuillé »… Je ne sais pas mais cela me convient mieux que « Grain » ou « Le grain » même si le mien est certain.
Digressions acquises, j’y vais. Point 9. Je considère (provisoirement) le 8 comme acquis. Il faut que je baisse le son. J’en suis au Premier pas, version des Enfoirés. Le premier pas d’amour et… sortir ? Facile ! C’est bon aussi, quand c’est facile. Je fredonne. La la lala lala… Je baisse le son. La musique me dissipe.
Une phrase surgit : « On a oublié de manger la tartine. » Il me faut la placer dans le texte. Je file la coller dans l’ex-11 devenu 14, là où l’on reçoit la réponse. Je balance trois phrases à suivre, indique que là sera la fin de mon travail d’aujourd’hui même si je n’aurai pas le temps d’y revenir une fois ma relecture du 9 lancée. J’ajuste mon plan. Je reviens un instant sur ce 14 pour vérifier ma numérotation et là, ce sont trois paragraphes qui fusent. Je laisse couler. Je relève la tête avec Fiona Apple : j’ai dépassé la page écrite… Je fais quelques moulinets avec les épaules, vais chercher un café. Je me rassois. Gréco. Je relis quelques lignes. Ça coule toujours.
Je renonce à travailler à partir du 9. Les deux pages du 14 sont encore en vrac. Sortez les pelles. Je livre directement au cul du camion.

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