[

Les Feuillets de Cy Jung

]
Feuillets

V06-12 novembre 2013



Cy Jung Feuillets — V06-12 novembre 2013

 [291d]
Tais-Toi. [279f] [290f]

69.

Je plisse les paupières jusqu’à sentir la pression des muscles sur les pattes-d’oie. J’en mesure la profondeur avec mes index. Des brisures de larmes s’y sont figées. Les cristaux roulent sous la pulpe. Je les porte à mes lèvres. C’est salé. Mes doigts reviennent à mes tempes. Ils massent. La rigole me ravit. Ma peau y exprime une sérénité nouvelle, comme si le sillon donnait du sens au temps qui passe. Je savoure. Une lumière allumée par mégarde me ramène à la réalité. Je tourne la tête vers la source, pour savoir. Je porte la main en visière, un peu haut, sur ma droite. Je me voûte. Mes paupières se ferment jusqu’à ne laisser passer que le plus mince des filets. Ce n’est pas suffisant. L’éclat fuse à travers mes pupilles. Il brûle la cavité oculaire. Ça fait mal. Et l’image se perd dans un halo. [218f] Je me tends sous la douleur, paupières en tête de pont. Je dois me dérober à la clarté, vite, sous peine d’y perdre encore en acuité. Je rentre la tête au plus profond de mes épaules et me retourne afin d’être dos à l’illumination. Mes yeux s’entr’ouvrent. Le jour est moins prégnant mais l’image est pauvre. Je dois choisir. Je ne veux pas. Je reviens dans le faisceau, les mains en garde. Je perds aussitôt la bataille. Son intensité me fait reculer d’un pas. Mes yeux se tassent derrière mon front. Le halo produit des éclairs à présent. La douleur irradie les arcades et vise la zone ad hoc du cerveau. Je tombe à genoux sous l’assaut. S’il vous plaît ! Grâce. Éteignez ça ! Je suis vaincue. Je me recroqueville et ferme définitivement les yeux. La lumière est trop vive. Elle me chasse. Elle m’exclut. Et la pénombre est mon secours. [137f] [206f] [211d] [210d]

70.

On reprend.
(…)

Seules d’infimes corrections ont été faites dans ce Feuillet depuis sa version 5 des 16, 17, 18, 20 octobre 2012, que l’on peut retrouver ici à partir de la dernière phrase du (68), puis , à partir du (74), lalala.

(…)
Aimer.
Et se laisser embarquer.
Ce n’est pas si simple, Judas. Tu le sais à présent, l’amour, c’est compliqué, surtout quand c’est être aimée que l’on voudrait.
— Cela fonctionne dans les deux sens.
Tu crois ça, Judas ? Mais souviens-Toi…
— Il ne vaudrait peut-être mieux pas.
On s’approche de la clochette. On pose la tête sur sa robe en cuivre. La poupée rapplique et fait sa jalouse. La vachette la ramène dans le giron. On attend. On sait que l’histoire va venir. On est prête.
Sortir.
On regonfle les poumons. On bande les biceps. La chair recouvre une certaine plasticité. Les humeurs se sont dissipées, surtout les mauvaises. Le poisson qui pue assure l’odeur. On ouvre le dictionnaire. On tourne les pages. Une. Deux. Dix. Cent. On écarquille les yeux tellement c’est incroyable. En dépit de toutes les averses, les mots sont là.
Ils sont tous là.
Les mots sont revenus !
— C’est Pâques !
Oui Judas, ils y sont ! « Poulette », « cocotte » et « chocolat » !
Croquer.
Penser.
L’histoire nous attend.
Vraiment ?
On y croit.
— Vraiment ?
La la la. [284d] [231d] [283f] [291f]


--------------

[291dDébut-2013:11:12

[279fFin-2012:10:13

[290fFin-2013:11:07

[218fFin-2012:03:22

[137fFin-2011:10:12

[206fFin-2012:03:02

[211dDébut-2012:03:11

[210dDébut-2012:03:09

[284dDébut-2012:10:20

[231dDébut-2012:04:15

[283fFin-2012:10:20

[291fFin-2013:11:12





Feuillet précédent / Feuillet suivant
Retour à tous les Feuillets


Tableau de bord

13 novembre 2013

[Petit déroulé : 30:06 ; 3,8 km. Texte en reprise]

Je démarre cette matinée de travail avec l’idée que je vais aller au bout de cette V-06. Il me reste sept pages à relire et, sauf urgence à réécrire la fin (cela arrive), je devrais aller rapidement au bout ce matin. Je remettrai ensuite ce texte en jachère en espérant qu’un jour il sorte de cet ordinateur et rencontre un éditeur qui me le fasse travailler afin de le publier.
Vain espoir ? Je repousse la question à une autre fois et pose ma balise. Mon écran est baigné de soleil. Aimer. Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Un « comment » était amputé de son « nt » ; je le lui rends.
Et je suis au bout de mon texte. J’avais oublié qu’il se termine sur la lettre d’amour, celle encore à écrire. Je suis bien aujourd’hui dans cette fin. Surtout les deux dernières phrases. Je m’arrête donc là et m’en vais écrire ma prochaine nouvelle en e-criture. Je suis heureuse d’avoir eu l’idée de relire ces Feuillets. Je n’avais vraiment pas mesuré leur portée ; littéraire, je ne sais pas ; mais personnelle, c’est sûr.
Je vous tiendrai au courant de la suite, ici, ou sur mon site ou ma page Facebook. À très bientôt, donc. L’écriture ne s’arrête jamais… Comme l’amour ? L’amour ? Je ne sais pas. Aimer ?
Aimer.
Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Lire le Feuillet du jour.



Si vous êtes éditeur,
découvrez les manuscrits de Cy Jung
ici.