[

Les Feuillets de Cy Jung

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Feuillets

V05-18 octobre 2012



Cy Jung Feuillets — V05-18 octobre 2012

 [282d] [281d] [223d] [221d] [220d] [280f]

72.

La lumière s’est éteinte. [208f]
On actionne l’interrupteur.
En vain. L’obscurité règne à l’intérieur.
On recommence.
Rien.
Le pétard sous la boîte de champignons suggère une panne ou une ampoule défectueuse. Il dit qu’il s’y connaît en courant, en douille, en fil, en domino et en compteur. On le laisse regarder mais on pressent que la cause de l’éclipse est ailleurs que dans le circuit électrique tant le noir qui nous entoure a des allures de nuit profonde.
— Je t’avais prévenue !
Qui nous menace encore ? On ne reconnaît pas, cette fois, le timbre de Judas, ni le parfum de la Samaritaine. « C’est donc quelqu’un des tiens. » On ne sait vraiment pas qui. Il n’y a personne avec nous, à part la liste, bien sûr.
Chère liste.
Très chère liste.

« Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse, une tartine, un oreiller, une couette, un tire-bouchon, une échelle, une poupée, une paire de merguez, Jacques Lacan, une tarte aux fraises, un pétard sous une boîte de champignons, une vachette, une pince, Dieu, une lettre d’amour, une corde à linge, une chaussette, des chocolats. »

On ne voudrait personne d’autre. On est en équilibre et l’idée même d’avoir à faire de nouvelles connaissances nous épuise.
Discuter.
Mégoter.
On est lasse, et l’on ne craint plus ni la clochette ni le glas. La mort peut bien revenir, peu nous chaut ! On y est déjà et l’on est prête à parier que la boîte est sous terre à présent. La température ambiante est agréable. Le capiton assure un minimum de confort pendant que la chair se délite. On n’a plus peur. On n’a plus mal. On sait désormais qu’il nous faut juste trouver l’histoire.
Et la lumière.
Éclairer.
Raconter.
L’histoire. Laquelle ? La juste ou la bonne ?
Ce ne peut pas être la même.
Sortir.
Aimer.
Ce ne devrait pas être si compliqué.
Un silence peiné envahit la boîte. La liste nous observe. Plusieurs respirations passent. La couette s’approche en se tortillant l’étiquette. Elle dit conserver de l’amour quelques souvenirs. Veut-elle les raconter ? La poupée applaudit. Jacques Lacan fronce les sourcils. La couette indique qu’elle ne préfère pas ; elle ne voudrait blesser personne. Il y aurait pourtant de quoi… On sourit. La liste glousse. On apprécie son réconfort. On se sentirait tellement seule si elle n’était pas là. [219f]
— Et Moi ?
Ah ! oui. La clochette.
Ce doit être un autre enterrement qui a lieu, avec un corbillard qui nous passe au-dessus de la tête à moins que l’on ne se soit trompée et que ce soit le nôtre qui est en cours. La boîte ne tangue pas. Elle n’a jamais tangué. Alors ? On n’a aucun élément pour trancher, même pas le dictionnaire qui dit tout ignorer des procédures funéraires. La tarte aux fraises suggère que l’on soulève le couvercle afin de savoir enfin de quoi il retourne.
On le tente, en étarquant nos biceps putréfiés.
On n’y arrive pas. C’est trop lourd.
On cherche une solution. Cela nous évite d’être affligée au souvenir de tout ce travail pour avoir le muscle fort et le découvrir, là, en si peu de temps, tout mou.
Débander.
Abandonner.
On n’y songe même pas.
La vachette donne un grand coup de corne, sans prévenir. On sursaute. Elle s’excuse de nous avoir fait peur ; elle voulait juste percer le bois, que le ciel ou la terre nous tombe sur la tête. Au choix. C’était un coup d’épée dans l’eau. Le couvercle est intact.
Sortir.
On doit vraiment renoncer aux voies habituelles.
La clarté revient.
N’est-ce pas étrange ? Il semble y avoir comme une sorte de lien de cause à effet entre la lumière ambiante et le fait que l’on renonce ou non à ce que l’on sait déjà. On décide de faire un test. [210f] On mobilise ce qu’il reste de neurones. On leur demande de penser très fort que pour sortir, il faudrait faire péter la boîte avec quelques bâtons de dynamite. La liste se concentre aussi. Attention ! À trois, on y va.
Un.
Deux.
Top départ !
La nuit s’éteint.
On imagine maintenant le Christ qui arrive accompagné de quelques angelots bien dodus. Il nous cloue fissa sur sa croix et nous emporte. On atteint le haut d’une montagne. Jésus plante la croix entre deux autres. Il paraît que ce sont des assassins. Peu importe. Marie vient à son tour. Elle nous étreint les pieds et pleure. Un soldat romain nous perce le flanc. Ça nous gratte derrière l’oreille. Jésus pourrait-il faire quelque chose ?
À cette question, une lumière répond et clignote, une seconde sur deux ou trois, comme un vieux néon prêt à claquer. On attend la suite. On trouve le temps long. Cela clignote toujours mais avec une moindre fréquence. Jésus revient. Il nous descend enfin de la croix et nous installe dans le tombeau. Et qui voit-on venir ? La Samaritaine, en personne. Elle nous reconnaît et repart aussitôt. Elle court. Elle a oublié sa cruche au bord de la fontaine et elle craint qu’un méchant garçon ne la lui vole.
La pauvre !
On la plaint. Le néon grille.
— Salope !
Oui, Judas. Une vraie salope. Comme on les aimait. Parfois. Comme on ne doit plus les aimer. Jamais.
Tu te souviens, Judas, comme c’était compliqué ?
On passe. Il est temps de finir le test.
On pense à Dieu, à Lui, seul. On ne se le représente pas. On l’éprouve. Il doit être une sensation, une sorte de force intérieure, une chaleur qui imprègne la chair, une émotion.
On se concentre donc. On y met tout notre cœur, tout ce que l’on a de foi.
— Bzzzzzzzzz !
L’homme-araignée ?
Non. C’est un éclair qui transperce l’espace, si lumineux que les paupières se baissent dans l’instant. D’autres éclairs suivent. On met le tire-bouchon en visière pour les observer sans que ne grillent les pupilles. Quel éclat ! Et le plus étrange, c’est qu’ils semblent partir de la boîte et se diriger vers l’extérieur. Pourraient-ils nous transporter ? Drôle d’idée. On n’a jamais entendu parler d’une lumière qui serait configurée pour servir de tapis magique.
On doute.
Une ombre nous enveloppe.
On résume.
La dynamite nous plonge dans le noir, Jésus papillote et Dieu que l’on éprouve nous éblouit. Voici la trinité revisitée. C’est le Saint-Esprit qui ne doit pas se sentir à sa place ! La Bible s’avance. Elle voudrait rétablir certaines vérités. Le dictionnaire lui fait remarquer que c’est lui, la vérité. Les chocolats s’interposent. Ils ne veulent aucune discorde. Jacques Lacan leur demande pourquoi. La corde à linge le fait taire d’un simple regard vengeur.
On soupire.
Si c’est dans la chair que Dieu éclaire, comment y voir quelque chose quand le corps se délite ?
— Elle est idiote, ta question.
Judas ! On te ne permet pas. On pose les questions que l’on veut et tant pis si aucune réponse n’existe.
Louvoyer.
On sent que l’on n’en a plus guère le loisir. On doit comprendre cette affaire de lumière. Vite. Elle doit revenir.
Sortir.
Penser.
C’est peut-être une métaphore. La Bible rit. Elle nous invite de nouveau à la lire. Le dictionnaire proteste encore. La tension monte. La poupée s’en mêle. Elle demande pourquoi on ne lui a pas raconté d’histoire depuis si longtemps. C’était à peine hier. Elle s’en moque et affirme que si l’on s’y mettait enfin, plutôt que de tergiverser, on saurait immédiatement rejoindre le firmament. Qu’en sait-elle ? On lève la tête. Le nichon passe. Il tourne en même temps que son lait.
La poupée a raison. La voilà la preuve !
On y est.
C’était si évident qu’on ne l’avait pas compris.
— Cela s’appelle chercher midi à quatorze heures !
Qu’en sais-tu, Judas, du temps qui passe ?
On ramasse la liste. On la plie en quatre. On la protège au fond d’une poche.
On y est.
Sortir.
On ouvre les épaules. On sourit. Que la lumière fuse et l’amour sera. [235d] [211f] [220f] [224d] [234d]

73.

Mon regard courtise un sourire. Il s’en repaît faute de s’y noyer. Ma chair y gagne en souplesse. Elle se coule au creux de mes veines et surfe sur la vague. Le sang afflue. Il vise l’épiderme, comme s’il voulait sortir et s’en aller teindre en rouge ces lèvres qui m’émeuvent. Mon œil brille, je crois. Les deux, en fait. Le sourire s’élargit sans prévenir. Je ne peux esquiver. Je le prends un plein cœur. Je sens ma chair qui s’amollit un peu plus sous la canonnade. Le muscle s’agite. Il veut à son tour fondre et porter le corps à l’incandescence. Mon souffle se raccourcit. Mon ventre se serre. Mes doigts se crispent contre mes cuisses. Mon cœur s’active, pas plus vite, mais plus fort, plus sec. On dirait qu’il veut battre la mesure de l’émotion en cours.
Mes pupilles donnent le la. La chaleur se propage. Elle monte du plexus aux joues, sans passer par les épaules. Elle sourd de l’intérieur, nouant au passage les amygdales, dernier rempart contre la montée de flamme. De la sueur déjà perle près des paupières. Elle n’est pas encore goutte, pas tout à fait vapeur. Elle y vient. Je déglutis. Je veux contenir l’incendie qui court, garder la maîtrise et que rien ne signale mon émoi. J’ouvre la bouche, grand. Je parle. Je parle, parle et parle encore. Je bavarde. Je reprends le dessus. Je gaine. Mes épaules s’élargissent. La chair fait un retour arrière. Une brise me rafraîchit les joues. C’est mieux. Je sonde ma vulve d’un influx nerveux. L’élan ne l’a pas atteinte. Ouf ! Je respire et mon regard à présent vise un autre sourire, moins fécond.
 [226d] [225d] [281f]

74.

Depuis que l’on a fait le test pour savoir à quelle loi obéit la lumière, la température intérieure augmente. Le capiton aurait-il la fièvre ? Il ne semble pourtant pas suer, ni se couvrir de pustules. La chair, elle, se remet à suinter. Une partie des humeurs renoue avec l’état de vapeur. Une odeur de casserole attrapée par du lait emplit la boîte. On se fiche la pince sur le nez. Le restant de la liste se réfugie entre les fesses.
On s’inquiète.
Déporter.
On les rejoint dans leur planque et l’on remet la pince dans le paquet.

« Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse, une tartine, un oreiller, une couette, un tire-bouchon, une échelle, une poupée, une paire de merguez, Jacques Lacan, une tarte aux fraises, un pétard sous une boîte de champignons, une vachette, une pince, Dieu, une lettre d’amour, une corde à linge, une chaussette, des chocolats. »

On les interroge. Ils répondent d’une seule voix ignorer d’où provient cette touffeur.
— Moi, Je sais !
Ta gueule, Judas !
On est désolée. On est trop préoccupée pour être aimable. Ce n’est pas bien mais c’est ainsi. On ne peut pas toujours être exemplaire.
On s’agite. On s’alerte. On craint le pire.
— …
Vlan ! La chaussette a volé sans que la clochette n’ait eu le temps de sonner l’alarme. Elle se retrouve le battant de travers et le tambour déglingué. Cela lui donne un drôle d’air, une mine presque attachante. On ne s’y attarde pas. La paire de merguez réclame que l’on intervienne ; elle ne voudrait pas carboniser. La chair non plus. Les os, eux, sont moins fiévreux. Ils l’avouent volontiers, brûler leur plairait. Cela leur ouvrirait une perspective plus rapide de devenir poussière et s’éparpiller.
Brûler ?
Qui parle de brûler ?
Mais il n’en est pas question ! On a donné des consignes.
Pourrir.
Sortir.
Vite ! Il y a urgence ! Une épaisse fumée envahit à présent la boîte. Le bois se consume. Le capiton fond. Le corps entre en ignition. Au secours ! C’est évident. On nous a menti. On a spolié notre consentement. On nous a trompée. Au secours ! Dieu ! On nous incinère ! [221f]
— Reste tranquille.
C’était donc ça, la clochette ? Le gong qui signale l’entrée en cuisson.
Sortir.
On le veut.
On l’exige.
— Respire… Le corps ne s’est pas enflammé. [222f] C’est toi qui cherches à renouer avec la passion.
On n’a que faire du Christ, à l’instant. Et, pour ce qu’il en reste, peu nous importe que Marie nous lave les pieds. On réclamerait plutôt l’intervention des pompiers. L’échelle se tient prête. La tarte aux fraises veut déjà les féliciter.
— Pin-pon ! Pin-pon !
Elle est vraiment barrée, cette pauvre clochette !
— C’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Fais attention, tu vas finir par te fourvoyer.
La lance envoie la sauce. Une vague se forme. Elle déferle. La clochette flotte quelques minutes puis sombre dans le flot obscur où grouillent des rancœurs en phase terminale. Un ultime bouillon nous éclabousse.
On éternue.
Moucher.
L’air alentour y gagne en transparence. La tartine pointe le bout d’un coin sans beurre. Elle confirme la fin de l’alerte. La liste, rassurée, sort de l’entre-deux-fesses. On la rejoint près du flanc. On forme un cercle. Le pétard sous la boîte de champignons suggère que l’on oublie d’allumer un feu de camp même si c’est fédérateur. On accepte. On a eu notre lot de conflagrations.
On se détend.
On se pose.
On est bien, ici, dans la boîte capitonnée, avec la liste et le corps qui se délite. On y resterait volontiers une éternité. On sait que c’est impossible. Alors, on savoure.
Déguster.
Recevoir.
Jacques Lacan propose d’agrémenter ce précieux moment en racontant l’histoire des sœurs Papin. C’est sa préférée. Les autres refusent. Ce n’est pas ce genre d’histoire, qu’ils attendent. C’est… Vous voyez ? Non, pas trop. On espère quelques explications. La poupée s’y colle. Elle arrache sa nuisette et s’emballe.

« Je veux du cuir. Pas du peep-show du vécu. Je veux des gros seins des gros culs. »


— Ni-an !
Il ne manquait plus ça.
On tente de lui expliquer que le désir n’est pas ce que l’on cherche, que la concupiscence dévore là où l’amour apaise.
— Tu t’approches…
La poupée rétorque que l’amour sans chair, c’est comme Jacques Lacan sans la perversion : une imposture. Mais qui lui a soufflé une idée pareille ? Le nichon ? Ou la Samaritaine ? On s’inquiète encore. On n’a pas fait tout ce chemin pour sombrer à nouveau dans ce désir en forme de manque, ce désir qui donne corps à la souffrance, ce désir qui tue. On refuse. On s’insurge. On s’étrangle. La corde à linge nous offre un verre d’eau.
On boit.
Avaler.
Pardonner.
Le fantôme de la Samaritaine traverse le champ.
— Bouh !
Merci. On n’en veut plus. Elle était trop méchante, trop imbue d’elle-même, si peu aimante.
Choisir.
Partager.
La poupée se rhabille. On préfère. On insiste : on veut un désir qui mène à la joie, un amour qui fasse briller le cœur.
On voudrait éprouver la plénitude.
Sourire.
Et faire un clin d’œil à…
— Qui ?
On aimerait bien le savoir.
— Tu veux. Tu voudrais. Tu aimerais ! Et qu’est-ce que tu fais pour sortir de la toute-puissance de tes conditionnels ?
Le dictionnaire décolle et décapite d’un coup sec la clochette.
— Aïe !
Elle se renverse, battant en l’air. On dirait un cornet avec une petite quéquette qui pendouille. Une cornette ? On rit. On lui colle une boule de glace à la vanille entre les deux oreilles. On croque. On tourne en rond. On le sent. On doit conclure.
— Allez ! Bravo !
Sortir.
On y va.
Aimer.
Et manger tous les chocolats sans vomir après. [223f] [225f] [227d] [282f]


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[210fFin-2012:03:09

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[211fFin-2012:03:11

[220fFin-2012:03:28

[224dDébut-2012:04:04

[234dDébut-2012:04:19

[226dDébut-2012:04:06

[225dDébut-2012:04:05

[281fFin-2012:10:17

[221fFin-2012:03:29

[222fFin-2012:03:30

[223fFin-2012:04:03

[225fFin-2012:04:05

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Tableau de bord

13 novembre 2013

[Petit déroulé : 30:06 ; 3,8 km. Texte en reprise]

Je démarre cette matinée de travail avec l’idée que je vais aller au bout de cette V-06. Il me reste sept pages à relire et, sauf urgence à réécrire la fin (cela arrive), je devrais aller rapidement au bout ce matin. Je remettrai ensuite ce texte en jachère en espérant qu’un jour il sorte de cet ordinateur et rencontre un éditeur qui me le fasse travailler afin de le publier.
Vain espoir ? Je repousse la question à une autre fois et pose ma balise. Mon écran est baigné de soleil. Aimer. Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Un « comment » était amputé de son « nt » ; je le lui rends.
Et je suis au bout de mon texte. J’avais oublié qu’il se termine sur la lettre d’amour, celle encore à écrire. Je suis bien aujourd’hui dans cette fin. Surtout les deux dernières phrases. Je m’arrête donc là et m’en vais écrire ma prochaine nouvelle en e-criture. Je suis heureuse d’avoir eu l’idée de relire ces Feuillets. Je n’avais vraiment pas mesuré leur portée ; littéraire, je ne sais pas ; mais personnelle, c’est sûr.
Je vous tiendrai au courant de la suite, ici, ou sur mon site ou ma page Facebook. À très bientôt, donc. L’écriture ne s’arrête jamais… Comme l’amour ? L’amour ? Je ne sais pas. Aimer ?
Aimer.
Ce n’est pourtant pas si compliqué.

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