[

Les Feuillets de Cy Jung

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Feuillets

V05-10 octobre 2012



Cy Jung Feuillets — V05-10 octobre 2012

 [277d] [126f] [131d] [196f] [126f]

59.

On soulève une paupière. On est lasse. On reluque les chocolats. On salive. Cela nous rappelle une histoire. La liste se précipite. Elle veut la connaître. On hésite encore. Elle est si peu invariante, si subjective. On devrait peut-être la garder pour nous. Cela présente le danger de ne laisser dans la boîte qu’un restant d’os et de chair, un corps sans mémoire.
Sortir.
Transmettre.
Cela vaut la peine d’essayer.
La liste jubile.
On raconte.
C’était une fille, pas encore une amie. Elle le deviendra. Elle était assise dans le fauteuil rouge. Il y avait un ballotin de chocolats posé sur la table basse. Il n’en restait que cinq ou six.
— On partage ?
J’ai dit oui.
Elle a mis le nez dans le ballotin. Je n’avais pas envie d’en manger à cet instant. Je l’ai laissé faire. Plus tard dans la soirée, j’ai repris la boîte. Elle avait croqué dans chacun des chocolats, laissant de côté une moitié estampillée de ses incisives. La démarche m’a surprise, choquée même. C’était un peu dégoûtant et pas très civil.
— Tu voulais que l’on partage ; je ne pouvais pas faire plus égal.
Qui a dit que le partage menait à l’égalité ? Cela pouvait se discuter mais cette amie en devenir était ainsi, pleine d’astuce et de sagacité. Et j’aimais ça. Je n’ai pas répliqué. J’ai mangé mes moitiés de chocolats et je l’ai embrassée.
Ça aussi, j’aimais.
Étreindre.
Caresser.
Voilà.
« C’est tout ? » s’exclame le tire-bouchon.
Oui, l’histoire s’arrête là. Cette histoire-là.
La liste est déçue. On en est désolée. Chacun reprend sa place. On les regarde s’installer et l’on reste à l’endroit où l’on était, à une encablure du plexus. On est mélancolique. On l’aimait, cette fille-là. Et quelques autres, aussi. Pas toutes. Pas celles qui nous ont blessées. Pas celles, brutales et insistantes, qui ont voulu faire de nous le jouet de leur solitude et de leur mal-être. Surtout pas celles-là. Elles n’avaient pas le droit. On aurait dû les détester d’emblée, comme on détestait les vampires et les infirmières qui nous pompaient le sang, parce qu’elles étaient comme eux, voraces, avides de notre joie.
Abhorrer.
C’était contraire à notre idée d’aimer.
Haïr.
Honnir.
On n’aurait pas dû s’en empêcher. On n’aurait pas dû se croire responsable. On ne l’était pas. On a été maladroite. On a été impuissante. On ne savait pas faire face à la violence. On ne savait pas esquiver les coups que l’on n’attendait pas. On ne savait que riposter et se mettre en colère.
Crier.
On ne comprenait pas pourquoi la molestation s’en mêlait.
On avait peur de la blessure. On se recroquevillait. On rapetissait. On perdait la joie. On contestait la foi. On montait le son de la musique. On mettait le sosie de l’oreiller sur notre tête. On suffoquait. Mais toujours on entendait comme une sorte de rengaine, un refrain qui n’en finissait pas.
— La la la.
Non, un autre. [130d]
— Tralalère.
Oui, celui-là. Celui qui dénigre. Celui qui harcèle.
Fuir.
Que faire d’autre ?
On n’avait pas envie de batailler et il fallait coûte que coûte garder pour soi le sang qui coule, fluide, rouge, dedans, dedans nos veines, dedans le cœur jusqu’à oxygéner l’âme. Sauver sa peau. On préférait l’avoir douce plutôt que dure. On l’enduisait chaque matin de crème odorante. On aimait sentir bon. On aimait celles qui aimaient ça et exaltaient notre joie.
On aimait.
On aime. Autrement, cette fois.
Sortir.
On saura. [197f] [199d]

60.

Ma gorge se noue, comme pour retenir un hoquet qui ne viendra pas. Mes joues se creusent. Mes dents se serrent. Mes poumons se figent. Je me tends. Ma langue se colle à mon palais. Quelque chose opprime mon larynx à moins que ce ne soit quelque chose qui l’obstrue. Une boule. Une lame. Je l’ignore. L’air manque. Je respire fort. Cela ne suffit pas. Je tangue. Je pourrais vomir, éjecter la matière létale. Je refuse. Je n’aime pas le goût de la bile. Je déglutis. Mon larynx se serre un peu plus. Mon estomac vrille. J’attrape une bouteille d’eau à bulles. Il faut que j’éructe au risque de régurgiter.
Une gorgée ne suffit pas. J’en avale trois. Je fais une pause. Deux autres. L’air remonte. Je m’approche du lavabo, au cas où. La précaution est inutile. Le renvoi n’emporte rien avec lui. C’est bien. Je le regrette pourtant. Mon estomac souffre. Il enfle. Le mal y sommeille encore, l’occlut, le gave. Est-ce moi qui le retiens ? Non. Ce ne peut pas. Il n’est pas à moi, pas de moi, juste en moi, enfoui là par je ne sais qui au nom de je ne sais quoi. Je dois le chasser, l’occire. Je le vois. Il ressemble à une touffe dont les poils s’accrochent à la paroi. Il est comme un monstre qui remonte ras la gorge.
Je veux qu’il se dissolve, pas le sentir passer dans ma bouche, corrompre le suc du bonheur que je garde sur la langue. Je le noie d’une nouvelle lampée. Les bulles flottent à la surface. Ne pourraient-elles pas se glisser en dessous et chacune prendre leur part ? Mon larynx est noué à présent. Plus rien ne passe ; ni dans un sens, ni dans l’autre. Je dois faire quelque chose. J’ouvre grand la bouche. Une goulée d’air descend jusqu’au ventre. La boule de poil suit. Quel bonheur ! Je pète.
 [129f] [200d] [132d]

61.

On reluque de nouveau les chocolats. Ils sont au final plus appétissants que la Samaritaine.
On y croit.
Croquer.
Le sucre nous fait tourner la tête. On est décidément prête à gober n’importe quoi, n’importe qui. La tarte aux fraises entame une danse du ventre, pâte nue et fruits découverts. Jacques Lacan se marre. L’Origine du monde tangue. On s’accroche au couteau suisse.
Sortir.
La tarte aux fraises insiste. On salive. L’appétit est intact même si le désir est en panne. La chair se tasse au fond de la boîte. Elle souille le capiton. On y occupe de plus en plus de place, en proportion. On s’en étonne. On n’avait pas imaginé ça. Ne sortirons-nous donc d’ici qu’une fois le corps totalement réduit à l’état de poussière ? On l’ignore.
On ne s’affole pas.
On est là.
On y restera autant que cela doit. [127f]
Demeurer.
Attendre.
Il n’est de toute façon pas envisageable de faire le chemin à rebours.
Prenons un exemple. La Samaritaine a raté la queue du Mickey ; tant pis pour elle. Elle a laissé passer sa chance et, à présent, on ne voudrait pas qu’elle revienne.
Regretter.
Jamais.
Il est de toute façon impossible d’inverser les chronologies et l’on est si loin désormais du temps mathématique. On a trouvé la joie. On s’y applique. On est bien. On s’y emploie. La suite viendra. On se gratte quelques instants les pieds. On réfléchit à la tournure que prennent les événements. On incline la tête sur le côté gauche, menton bas, comme pour bloquer le nystagmus. Un muscle oculaire cède. L’oreiller vient à la rescousse. L’œil s’y repose. On caresse la joue du dictionnaire. Une clochette tinte. C’est l’heure du goûter. On mangerait volontiers la paire de merguez, avec de la moutarde dans le pain.
Mordre.
Débiter.
On doit tout dire, on l’a promis, même dire que l’on a aimé les tartines enduites d’une trop fine pellicule de compote industrielle quand on était en colonie de vacances avec les Œuvres laïques. Dire que l’on a maudit, aussi. Pas la tartine, ni la colonie, ni les Œuvres industrielles, encore moins la compote laïque, plutôt la Samaritaine, elle, les autres, ses semblables.
On a eu peur.
On a eu froid.
On a été abandonnée, bafouée, blessée, méprisée. On n’a pas aimé ça.
On n’a pas aimé. [213d]
Ça.
Sortir.
Et que jamais cela ne recommence. [133d] [198f]

62.

Mon larynx est vide de toute obstruction mais la membrane reste cuisante. Je déglutis. Ça pique. J’avale. Ça gratte. Je serre les joues et je salive. Ça chatouille. C’est irritant. Je tousse. Je suffoque. Je bois. Ça démange, surtout côté droit, peut-être sur un coin de l’amygdale. Je bois encore. Je renifle, que la mucosité descende dans la gorge et huile la paroi. Je racle. Je me frotte l’oreille. Cela n’a rien à voir mais cela détourne l’attention. C’est fugace. Je tousse. Aussitôt la démangeaison reprend. Ça s’accroche. Je vise une boisson chaude. Tant que le liquide coule, il est le plus fort. La tasse est vide. Je fronce un sourcil. Rien n’y fait. J’attrape un couteau bien affûté. Je me perce la gorge vers l’endroit où cela démange le plus. Le sang coule. Je…
Non ! Une deuxième tasse de boisson chaude est préférable à la mort. J’ajoute du miel de montagne. Je sirote. Je respire par le nez. L’air glisse jusqu’au plus profond du ventre. Quand il passe la gorge, elle se gonfle et la démangeaison perd de sa vigueur. Je chasse l’air dans l’autre sens. Je gaine. Je respire encore. Je fais trois moulinets. Le miel apaise la pulpe. Le souffle comble le vide. Il étouffe l’irritation. Elle décroît mais je sens qu’elle guette, toujours, sournoise, fétide, prête à venir agacer mes sens et à corrompre la muqueuse. Je tousse. Ça brûle. Je manque d’air. Le résidu est tenace.
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63.

On se souvient d’une autre histoire, moins réjouissante que la précédente. On se passe la main dans les cheveux. On hésite.
Redouter.
Raconter.
On se racle la gorge. Un restant d’humeur en profite. Il fuse et percute le pétard sous la boîte de champignons qui aussitôt s’enflamme. Jacques Lacan coupe la mèche. Il veut éviter le déclenchement d’un feu d’artifice.
On rit. Le mot nous rappelle une blague.
La liste tend l’oreille.
Poupougne — c’était son surnom — était inspecteur primaire. Lors d’une conférence pédagogique qu’il dirigeait, il a fait circuler un petit papier plié en quatre. À l’extérieur, il avait écrit « Le fils Darty est mort. » Une flèche invitait le lecteur à ouvrir le papier. Et là, il lisait « Feu Darty fils. »
On éclate de rire. Qu’est-ce que c’est bon même si les côtes en profitent pour s’éparpiller sur le capiton ! On les rassemble. La liste nous observe. Elle est dubitative. Elle ne trouve pas ça très drôle. Elle manque d’humour, c’est certain. À moins qu’elle n’ait pas plus que cela envie de rigoler.
On tente autre chose.
Une amie nous appelle. Elle a acheté un rideau de douche. On l’interroge, « T’as ta tringle ? » Elle rit et nous avec elle. Le lendemain, on la rappelle, « Qu’est-ce qui nous a fait rire hier avec T’as ta barre ? »
On pouffe de plus belle. La liste en est affligée.
On boude.
Partager.
La liste nous entoure. Elle s’excuse. Elle n’avait pas compris. Et elle voudrait l’autre histoire, celle que l’on avait promise. Elle nous garantit en échange de faire preuve de la plus grande des bienveillances.
Et d’un câlin aussi ?
Oui. Juré !
On opine.
Elle applaudit et entame une petite danse.
On calme sa soudaine euphorie d’une précaution oratoire. C’est plus gentil qu’une paire de claques, et sans doute plus efficace. Plus respectueux. On lui explique que l’on craint qu’elle ne se sente une nouvelle fois flouée car ce n’est pas vraiment une histoire, au sens hypnotique du terme. C’est plus une obsession, une rengaine, des phrases qui reviennent et dont on n’arrive pas à se défaire.
Et ce n’est pas très drôle du tout.
« Raconte ! » s’écrie la liste en un fort joli chœur, …

« Une Bible, un dictionnaire, un poisson qui pue, un couteau suisse, une tartine, un oreiller, une couette, un tire-bouchon, une échelle, une poupée, une paire de merguez, Jacques Lacan, une tarte aux fraises, un pétard sous une boîte de champignons, une vachette, une pince, Dieu, une lettre d’amour, une corde à linge, une chaussette, des chocolats. »

On les compte, un par un. Ils se mettent en rang. On les observe dans leur blouse de coton gris élimé avec leur cartable de cuir noir sur le dos, leurs gros souliers et leur sourire édenté.
On soupire.
Elle est donc toujours là, cette foutue lettre d’amour ? Elle s’accroche. Ce n’est pas grave. On lui fera sa fête plus tard. Et le nichon ? Il n’a jamais fait partie de la liste. On sursoit itou. On a autre chose à régler que son intégration.
Expulser.
Bannir.
On hésite encore à raconter l’histoire.
Décevoir.
La liste insiste, arguant que l’on ne doit pas faire les questions et les réponses.
Cette remarque nous rappelle de nouveau cette amie avec qui l’on devisait sur les rideaux de douche. On aimait ensemble remonter et redescendre la rue Lafayette en se racontant la vie. Elle nous faisait tant de bien. Son souvenir nous protège. On sourit. On la voit. Elle est là. On ne risque plus rien.
Parler.
Sortir.
On se tourne vers la liste. On est d’accord pour l’histoire.
Elle nous remercie et chacun se prépare à l’entendre, curieux, attentif. La vachette se serre contre la Bible. Le couteau suisse s’ouvre à la paire de merguez. La couette enveloppe Jacques Lacan. Dieu s’assoit sur le dictionnaire. La corde à linge emmaillote la lettre d’amour. La Bible s’accroche à la chaussette qui investit le tire-bouchon pendant que la tartine monte à l’échelle. Les chocolats fument le pétard sous la boîte de champignons. La poupée se tape l’oreiller qui embrasse la tarte aux fraises. Le poisson qui pue se rapproche de la pince. Ils sont prêts. Ils y sont tous. On en est sûre. On les a nombrés.
On inspire.
Dire.
L’histoire commence.
On fait la vaisselle. On prend d’une main le pot de yaourt en verre, de l’autre une brosse ronde à long manche que nous a donnée maman. On l’introduit dans le pot. Une voix nous arrête. [1231f] « Ça ne nettoie rien, ton truc. Prends une éponge ! » On lave quand même, enfreignant l’injonction, une forte sensation de blessure au fond du cœur. Comme si… Comme si quoi ? « Ils sont nases tes tee-shirts ! » C’était une autre. « On ne veut pas de nazis ici ! » Qui donc nous parle ainsi ? « Tu es chiante à… » C’est avéré. Inutile de préciser auprès de qui ni à quoi. Cela n’apporte rien à l’histoire, ni à la démonstration. On dénonce sans désigner de coupable. On ne juge pas.
On pointe.
Empaler.
Épargner.
On va devoir trancher.
On reprend.
« Tu… » « Ta… » « Tes… » « Ton… » « Tu… » Et tous les jugements péremptoires qui vont avec, points d’exclamation en prime. La violence. La brutalité. La vérité des idées toutes faites.
Judas ?
En quelque sorte.
— Mais Je n’ai rien dit, pour cette fois…
Judas, c’est donc bien Toi ?
On balance la clochette à la face de l’adversité. Ce n’est plus l’heure de goûter.
Oublier.
Jeter.
On s’arrête. Le récit est terminé.
La liste est dubitative. Elle ne comprend pas pourquoi revient la rengaine. On essaie d’expliquer, le ton utilisé, la manière dont c’était dit, l’amour qui n’était pas là pour amortir, la bienveillance ignorée, le sentiment d’être jugée sur ce que l’on n’était pas, sur des détails sans importance, sur un mal-être qui nous était étranger, la sensation de payer pour autrui, de ne pouvoir être celle que les autres auraient voulue, la conviction d’une profonde injustice.
La liste compatit mais demeure incrédule. La corde à linge questionne en son nom. « Ne serait-il pas le lieu de se débarrasser de ces rengaines et aller vers autre chose ? » Bien sûr que l’on aimerait s’en défaire. Mais comment doit-on procéder ? On l’ignore. Et les rengaines obombrent la lumière du jour.
Sortir.
Ce ne doit pas être si difficile. Le temps n’est plus le temps. L’espace non plus.
On se concentre.
On éternue.
On tousse.
Serait-on enrhumée ? Ce n’est pas ça. C’est la tarte aux fraises qui déborde de sucre et la Samaritaine de poivre.
Souffler.
Les bougies s’éteignent. Dans la pénombre, les souvenirs sont plus clairs.
On se gratte les pieds. On s’apaise. On comprend que l’on aimait les gentilles et que l’on désirait les vilaines. Drôle d’alternative. Aurait-on tout mis en œuvre pour ne pas aboutir ? Aboutir à quoi ? Aboutir vers qui ? On soupire encore. On est lasse. On ne peut pas s’attribuer toutes les erreurs.
Libérer.
Vivre.
On se croyait trop forte, parfois. On aurait dû réviser nos ambitions, savourer ce qui était sans espérer plus que le bonheur de l’instant. On tentait toujours notre chance. On visait le plus de richesse. On n’a pourtant jamais rien gagné au loto. Question de probabilité. Et à l’amour ?
C’était trop compliqué.
Désirer.
C’était fugace.
Courir.
Mourir.
Le corps y est. Nous avec.
On se sent fragile, d’un coup. Friable.
Un peu de chair s’évapore. On aimerait en faire autant.
Sortir.
On doit finir la vaisselle et lancer une lessive. On sépare le blanc de la couleur. On ne voudrait pas que la chaussette soit grise comme la blouse que l’on a portée. On était dans une école de filles. On avait des bonbons plein les poches, cachés sous un mouchoir crotté. On avait volé l’argent dans la voiture de papa. Ce n’est pas bien de voler. On aimait tant les bonbons. C’était un vol par pure nécessité.
Blanchir.
Nettoyer.
On sort un sac-poubelle. Il est bleu. La liste se planque. On la rassure. Elle ne risque rien. On la garde.
Balancer.
La lettre d’amour ?
Pardi. [128f] [132f]
On y joint la violence, le mal-être et la souffrance. On conserve la folie. Il n’est pas temps que l’on cesse de flirter avec l’essentiel.
Divaguer.
On n’a plus peur de se perdre.
— Pour sûr ?
Pour sûr, Judas. Pour sûr. Gare à toi ! On y arrivera. [133f] [138d] [137d] [177f]


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Tableau de bord

13 novembre 2013

[Petit déroulé : 30:06 ; 3,8 km. Texte en reprise]

Je démarre cette matinée de travail avec l’idée que je vais aller au bout de cette V-06. Il me reste sept pages à relire et, sauf urgence à réécrire la fin (cela arrive), je devrais aller rapidement au bout ce matin. Je remettrai ensuite ce texte en jachère en espérant qu’un jour il sorte de cet ordinateur et rencontre un éditeur qui me le fasse travailler afin de le publier.
Vain espoir ? Je repousse la question à une autre fois et pose ma balise. Mon écran est baigné de soleil. Aimer. Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Un « comment » était amputé de son « nt » ; je le lui rends.
Et je suis au bout de mon texte. J’avais oublié qu’il se termine sur la lettre d’amour, celle encore à écrire. Je suis bien aujourd’hui dans cette fin. Surtout les deux dernières phrases. Je m’arrête donc là et m’en vais écrire ma prochaine nouvelle en e-criture. Je suis heureuse d’avoir eu l’idée de relire ces Feuillets. Je n’avais vraiment pas mesuré leur portée ; littéraire, je ne sais pas ; mais personnelle, c’est sûr.
Je vous tiendrai au courant de la suite, ici, ou sur mon site ou ma page Facebook. À très bientôt, donc. L’écriture ne s’arrête jamais… Comme l’amour ? L’amour ? Je ne sais pas. Aimer ?
Aimer.
Ce n’est pourtant pas si compliqué.

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