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Les Feuillets de Cy Jung

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Tableau de bord

16 avril 2012



[Muscles en jachère. Caractères ouvrés : 2019]

Si vous avez récemment jeté un œil au plan, vous savez déjà qu’une lettre d’amour va clore ce texte, ou presque. Je pense en effet le terminer sur la liste et, avant même de poser ma balise, je mets en place les derniers passages de ce texte, d’abord en numérotant, puis en posant ce qui pourra être la fin… Oui. La fin. La voilà avant que le texte ne soit achevé. Elle est provisoire, forcément, mais si vous ne voulez pas connaître la fin, ne lisez pas le Feuillet du jour. Et moi, je m’en vais savourer ce moment où je pose les derniers mots, même s’ils sont provisoires. C’est un aboutissement. Et une libération. La première marque véritable que le texte peut avoir une existence autonome. J’y reviendrai.
J’ai donc une fin. Et le déroulement du plan jusqu’à elle. Le (80) et le (81) amorcés, le (82) en « je », la lettre d’amour à écrire en (83) et le (84) que je considère comme posé. J’avais indiqué un passage entre les deux. À regarder mon plan ce matin, je le retire et le laisse en vrac. Il faudra de toute façon que je liste les sujets du Complément au plan une fois au bout afin de voir si je n’ai rien oublié. Je m’inquiète également de la succession d’un « je » avec la lettre d’amour qui sera écrite aussi en « je »…
Cela fait encore beaucoup de questions. Écrire la lettre d’amour va me permettre d’y répondre. Je pose donc ma balise en haut du (83) ; je la décalerai si besoin. Et je vais l’écrire cette lettre qui ne s’adresse à personne en particulier. C’est à la fois plus difficile (la distanciation s’impose d’emblée) et plus sûr (elle ne sera pas « polluée » par quelqu’un de précis »). J’ai un peu la sensation que je vais sauter dans le vide. Si vous aviez l’obligeance de me prêter un élastique… Café. Tranquille.

Une lettre d’amour. Une lettre à l’amour. Je vais essayer de ne pas être trop sentimentale, moins en tout cas que m’y invite Laura Powers ! Facile !
Je pose une ligne et me rends compte que vraiment, il ne pourra pas y avoir de « je » entre le « on » qui précède et la lettre d’amour. Les deux dernières lignes de ce (81) sont également une parfaite introduction de la lettre. Je remonte donc ma balise de deux lignes et modifie le plan. Je peux m’y mettre ? Je tourne encore un peu ; j’ai besoin de concentration, d’immersion, de… Je vous passe les détails de mes tergiversations… La lettre ne doit pas être trop longue. J’en suis à dix lignes. Je reprends. Je continue. … C’est du brut. Quinze lignes encore. Une nouvelle question. Comment signer ? Un prénom ? Lequel ?
Cela me donne l’idée de ne pas faire un point autonome de la lettre d’amour mais de l’intégrer à un « on » qui serait le dernier, et me permettrait de peut-être remettre le « je »… Si vous n’arrivez plus à suivre, c’est normal ! Cela se bouscule !
Et si je passais la lettre en « on » ? Cela m’amuse. Je m’y colle. Non, cela ne fonctionne pas… Je reviens au « je ». Mais j’aime bien cette lettre au milieu du texte. Cela la désacralise. J’y travaille. Je ne peux vous dire combien de fois je relis ce passage. Il est très court. Je m’arrête là même s’il est encore tôt. Une lettre d’amour, ça cale !

Lire le Feuillet du jour.


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