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Les Feuillets de Cy Jung

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Tableau de bord

16 mars 2012



[Petit déroulé : 2,8 km ; 22:52. Caractères ouvrés : 10444]

Est-ce que le fait d’avoir la sensation d’être passé sous un rouleau compresseur a des incidences sur la création littéraire ? La réponse est forcément oui ; reste à savoir comment, dans quelle mesure. Ce qui me semble le plus intéressant, dans cette question, c’est qu’elle dit ma conscience de l’incidence de l’état du corps, de la sensation du corps, sur mon travail d’écriture. L’idée pourra paraître banale. Elle est pour moi une véritable découverte. Et chaque fois que mes doigts se posent sur le clavier, le souvenir d’une série d’uchi komi, de nage komi et autres yakusoku geiko revient, par « ricochet musculaire » depuis la pulpe de mes doigts menant là où le corps a travaillé jusqu’à sa limite.
Et je mesure en même temps combien ces Feuillets sont « en plein dans mon sujet » ; le corps qui éprouve, en « je », et cet esprit, en « on », qui tente de se dépatouiller avec la vie sous couvert de résister à sa propre mort. J’ignore toujours où me mène ce texte mais j’y vais. Inexorablement. Et je pose ce matin ma balise en haut du (65). Café. Masser.

Je précise une phrase pas très claire, et les deux à suivre pour parfaire l’enchaînement. Je corrige un participe passé. J’augmente de deux phrases le paragraphe largement tricoté hier. Je reprends un peu plus haut. Je relis plusieurs fois. Je fais sauter un doublon sur « perdre » déjà repéré hier mais qui n’avait pas trouvé sa solution. Je reprends au début. Cette fois, je vais au bout en corrigeant à la marge. Je valide.
J’ajoute un point déterminant au plan (et qui m’avait échappé), point contenu dans cette phrase : « Il manque juste l’histoire, la bonne, cette fois, l’histoire que l’on a promis de raconter et qui réglerait nos affaires, dirait tout et son contraire pour les réconcilier. » Il ne faut pas que je l’oublie. Elle est peut-être là, la fin du texte… Je mets la pagination à jour et passe au (66).
Je corrige à la marge. Je valide.
J’entame doucement le (67), avec toujours en tête d’augmenter avec du factuel, des souvenirs. Cela a profité aux passages précédents. Je m’arrête vite. La fatigue musculaire semble contraindre ma capacité à trouver les mots justes, par manque de concentration. Et je sens que le paragraphe où j’en suis a besoin de précision. Je verrai ça demain et m’en vais me pencher sur plus aisé à écrire pour profiter jusqu’au bout de cette matinée de travail.

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