[

Les Feuillets de Cy Jung

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Feuillets

V04-5 janvier 2012



Cy Jung Feuillets — V-04 5 janvier 2012

 [174d] [166d]

24.

Je me réveille en sursaut. J’ai froid. Mon tee-shirt est trempé. Je cherche la bouillotte. Je la ramène sur moi. [39f] Je la presse contre mon ventre. J’ai peur. Une ombre plane, quelque chose, quelqu’un, je ne sais pas. C’était dans mon rêve. Je frissonne. Peut-être que je pleure. La bouillotte est tiède. Ma sueur me glace. Je claque des dents. La menace imprègne mes chairs. On veut me tuer ; on veut me prendre, m’enlever à moi-même, me dérober. Je voudrais crier à l’aide. Un hoquet secoue mon coeur. Je dois respirer, vite et tranquille, rompre l’arythmie et retourner dans le rêve pour chasser l’intrus.
Je n’y suis pas. Une longue secousse étrille ma peau. Ma chair est prise. Je tente encore de crier. Ma gorge est sèche. Le sang frappe mes tempes dans un bruit sourd. Je ne veux pas que mon cœur sorte de ma poitrine ; je dois retrouver la mesure. Je me replace sur le dos. Je ferme les yeux. J’étends les jambes. J’ouvre les épaules, les mains posées sur le drap, la bouillotte sous les genoux. De l’air afflue. Je ne garde que l’oxygène. Mon ventre se soulève. Mes muscles se détendent. Derrière mes paupières, une lueur apparaît. Je la fixe. Mon cœur y perd sa chamade. Un sourire apaise mes lèvres. L’espace du rêve s’ouvre. Je m’y coule, de toutes mes humeurs. Je m’y vautre. Je dors.
 [165f] [168d] [167d]

25.

On a envie de rire.
On a envie de jouer.
Sortir.
Jouer à sortir ? Ce serait plus drôle de jouer à la poupée.
Peigner.
Border.
Cela n’était pas notre jeu favori. On préférait les cartes, les voitures électriques sur l’anneau de vitesse, ou mettre des pétards sous des boîtes de conserve et les regarder s’envoler. On prenait les petites boîtes de champignons, celles qui étaient plus hautes que larges. Elles décollaient mieux que les autres, surtout si l’on enlevait le papier pour en réduire le poids. Il fallait courir vite ! On plaçait le pétard sur le ciment devant la cuisine, on l’allumait, on le couvrait de la boîte en prenant soin de ne pas couper la mèche grâce à une allumette qui la soulevait d’un millimètre et l’on filait dare-dare se planquer derrière le tronc du mûrier platane.
— Boum !
La boîte volait. On la perdait dans la lumière du soleil. On rentrait la tête dans les épaules. Elle retombait. On riait. [164f]
Le chat avait peur. Mais chut ! c’est un secret.
On s’était juré de ne jamais raconter que l’on prenait le chat sous les pattes de devant pour le jeter très loin en l’accompagnant du dessus du pied et le voir retomber comme si de rien n’était, ni que l’on jouait à se battre ou à jeter des pierres chez le voisin. On ne l’aimait pas, le voisin. Il avait construit un mur très haut autour de son jardin. Que cachait-il ? On montait sur le figuier, pour observer. On n’y voyait rien mais on montait quand même et on jetait une pierre. Un caillou plutôt. On n’aurait pas osé lancer plus gros. On n’aurait pas aimé blesser quelqu’un.
Ça, jamais.
Même pas pour jouer.
Juré ! [76f]
Ni pour aimer ?
Encore moins.
Et pour sortir, devra-t-on faire sauter une boîte de champignons avec un pétard mouillé au vu de l’aquosité ambiante ? Ça nous fait rire. C’était le but.
Rire, même si rien ne s’y prête.
Rire.
Jouer.
Regarder la boîte voler.
Est-ce par là que l’on doit sortir ? [40f] On entend un bruit, un bruit de chambre qui perd son air. On écoute.
On dirait que le foie se dégonfle. Peu nous chaut ! On n’en a plus besoin, du foie. Ni du reste, les organes, la chair, les os. C’est présomptueux. Gratter une allumette sans les doigts, c’est assez compliqué. C’est comme se placer devant le nez d’un Mig-23 en vol pour l’obliger à se poser. Sans une bonne boîte de champignons qui décollerait à la verticale, c’est inespéré. Il y a aussi la solution de la poupée que l’on propulserait à l’aide d’une fronde. Une poupée volante, en quelque sorte. On la placerait en orbite avec les tétins et l’œil gauche. Ils se tiendraient par la main pour surveiller la Terre. Dieu aurait de la compagnie. Il est parfois si humain. La poupée le câlinerait sous l’œil gauche ravi des tétins.
Caresser.
Bander.
On rit à l’idée d’une érection divine.
On s’amuse.
Ce n’est pas bien. On doit se concentrer.
Sortir.
Sortir Dieu de nos seins.
On rit toujours. On reprend la liste. On retire le tire-bouchon et le couteau suisse. C’est plus difficile qu’il n’y paraît. Une bonne âme nous les plantés dans le dos. Une bonne âme ? Il y aurait donc quelqu’un, avec nous, ici, dans la chair, dans la boîte ? Non. C’est impossible. On n’a vu personne à part le corps qui se délite. On a dû se faire çà toute seule. On est assez grande, pour…
Souffrir.
On cesse de rire.
On respire.
Sortir.
On note sur la liste de retrouver la tartine. On garde le tire-bouchon et le couteau suisse. On se repose sur l’oreiller. On réfléchit. On ajoute une poupée. On va en avoir besoin. On la prend dans le poulailler qui nous servait de cabane. On y avait installé sa maison, avec un lit en osier et une petite armoire où l’on rangeait ses vêtements. Elle était tendue d’un tissu à larges rayures jaunes et orangées. On la revoit très bien, cette petite armoire. Et le lit aussi. On montait dans le poulailler par l’échelle posée contre le mur. La porte restait ouverte. On n’aurait pas pu l’ouvrir toute seule. Alors on ne la fermait pas. On n’aurait de toute façon pas pu la fermer seule non plus. Ceci explique cela.
On y restait des heures, dans ce poulailler. Est-ce la raison pour laquelle on a choisi un jour de vendre de la volaille sur les marchés ? On l’ignore. Le destin est affaire si inextricable. On peine à décoder.
Déchiffrer.
Aimer.
Il le faudrait pourtant.
Sortir.
Doit-on au préalable y comprendre quelque chose ? Quoi ? Comment ?
On pourrait descendre avec l’échelle.
Ou glisser sur la peau du poisson qui pue.
Il est plus sûr de jouer avec le destin, à défaut de propulser la poupée dans les couches célestes de l’atmosphère et offrir un orgasme à Dieu. On préfère la garder. On aimait tant leur parler, aux poupées, comme on parlait au chat.
Et à Dieu ? Jamais.
À la boîte de conserve ? Oui, à elle aussi, on parlait.
Et aux champignons ? Non, eux, on les mangeait, en accompagnement d’une escalope de veau passée à la crème, ou dans un gratin de pâtes béchamel et restes de poulet.
Maintenant, on discute avec la corde à linge et on se gratte les pieds. On jongle avec la Bible et le dictionnaire. On balance le tire-bouchon à la barbe du couteau suisse. C’est comme ça, sans doute, que cela a dérapé et que la chair a giclé jusqu’à souiller le capiton. On déchire la lettre. On la met à tremper dans la bile. Ça fait des bulles. Ça pue. On se bouche le nez avec la tartine que l’on a retrouvée dans le pancréas face beurrée contre la pince. On a de nouveau faim. On reluque la tartine. Elle nous fait comprendre que, à l’instar de la tarte aux fraises, elle doit rester sur la liste. Dommage. On n’a plus que des os à ronger sans avoir de quoi réchauffer la moelle ni de pain pour la poser.
Pour le sel, c’est facile.
Pleurer.
On aurait vraiment dû emporter une poupée. Une bouillotte aussi. [43d] Le corps devient froid. On grelotte.
On a tout oublié. On ne savait pas.
Sortir.
On n’a rien préparé.
Et on doit faire face, sans poupée, sans bouillotte, sans Dieu, un couteau suisse et un tire-bouchon plantés dans le dos et les mots qui s’effacent du dictionnaire à chaque fois que le nez coule. Cela devient confus. On doit se ressaisir. On pourrait essayer de jouer à y voir plus clair. Quelle drôle d’idée ! Chacun sait que tout se joue avant six ans. On sourit. On oublie. [41f] On a toujours préféré penser que l’on pouvait avancer autant que l’on croit là que l’on va pouvoir sortir.
Bouger.
On nage en pleine toute-puissance à moins qu’il ne s’agisse du flot des humeurs qui suintent. Le courant est fort. Un, deux, trois ; on soigne notre crawl. Un, deux, trois… Un, deux, trois… Soleil !
On pourrait jouer à l’amour.
— Précisez.
On jouerait à lever l’illusion, à se faire peur, à se faire mal, à se faire croire que l’autre est unique et que l’on est en mesure de l’être soi-même. On jouerait à « Donner ce que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. » C’est Jacques Lacan qui a écrit cela. Ce n’était pas n’importe qui, Jacques Lacan. On n’a pourtant jamais rien compris à cette phrase. On la trouvait belle.
Quelqu’un d’autre ?
On vire Jacques Lacan.
Il sort.
C’est mieux ainsi. On balance en même temps la paire de merguez.
L’estomac est vide. Ses récréments ont pollué le reste du corps, jusqu’à l’intérieur des poumons. C’est sans importance ; ils étaient déjà hors service. La chair a expiré. Et ça fouette. Pourquoi jouer à l’amour si ça fouette ? On s’emmêle !
Mélanger.
On n’a pas de brosse pour peigner la poupée, ni de piles pour que tournent les voitures sur l’anneau de vitesse, ni de pétard pour faire sauter la boîte de champignons jusque dans le jardin du voisin. On pourrait jouer à la marelle. On aurait juste besoin d’une pierre un peu plate et d’une craie. On irait à cloche-pied jusqu’au paradis. Ce n’est pas dit que l’on y trouverait l’issue. [46d]
Aimer.
Mieux vaut jouer à l’élastique, ou au jeu des sept familles. On a viré Lacan. On n’a plus de famille. [27f] [35d]
Sortir.
C’est à pleurer.
On voulait rire et voilà où cela nous mène. Dans une impasse, une voie de garage, un corps sans canaux d’évacuation. C’est impossible, impossible que tout soit ainsi bouché alors que l’ensemble se délite. On va trouver. On n’a guère le choix. On refuse de se décomposer sans luter, là, à l’instar de la chair qui se laisse dépouiller d’elle-même. On doit revenir à la vie.
Batailler.
Espérer.
C’est quoi encore que cette histoire, « revenir à la vie » ?
On déraille ; il n’y a que Jésus à qui c’est arrivé, d’après ce que la rumeur propage. [169d]
Sortir.
On va devoir creuser.
On réclame un marteau-piqueur. Il faut au moins ça pour fendre la croûte terrestre. Il doit faire si bon à l’intérieur et sans doute que l’odeur est moins nauséabonde. On prend la main de la poupée. On fabrique une fronde avec l’élastique et on envoie valser la tartine. On récupère Jacques Lacan. Il peut toujours servir. On réintègre aussi les merguez. On ajoute de la moutarde. On en badigeonne l’intérieur du pain. On revient au jeu de l’amour. On doit établir les règles. C’est urgent. [34f] On en a besoin, pour sortir.
Attendre.
On choisit de jouer à la marelle. [44d]
Faut-il fuir ou gagner l’enfer ? On doit y réfléchir. On a le choix entre la Bible et le dictionnaire.
À ce stade, on préfère la tarte aux fraises. [80d] [50d] [78f] [166f]

26.

On résume.
Sortir.
On est là depuis combien de temps ? L’horloge du téléphone portable ne fonctionne plus et le corps n’a pas de montre au poignet. À l’odeur, on pourrait dire… On l’ignore. On n’a pas fait d’études de thanatologie. On ne sait donc rien de la putréfaction des corps et pourtant, on affronte, la tête haute et les épaules larges, cette chair qui nous quitte.
Braver.
Languir.
L’humeur est à la relaxe. Les muscles se détendent. Ils n’ont pas encore l’air très atteints. Les organes, eux, se vident, l’estomac, le foie, la rate, le pancréas, l’intestin. Le cœur et l’encéphale se dessèchent. Les yeux, même dégagés de leur cavité, brillent toujours, surtout le gauche, celui qui a vu l’érection divine. Une côte a pris la tangente. Les poumons ont les alvéoles pleins d’une épaisse liqueur. Le reste tient.
Pour celles et ceux que cela intéresse, les seins, après avoir explosé, ont recouvré une certaine plasticité en dépit de la mise en orbite des tétins. Et le clitoris ? On oublie toujours le clitoris. On le néglige. Il proteste et se renfrogne. Il est un peu boudeur, de nature. Là, il semble apaisé. Il flotte sous son capuchon, comme rétracté, rétréci, serein. Il est sous protection. Il se repose. Cela donne envie de lui avancer une chaise longue avec un plaid tricoté main et de lui servir une orangeade. Avec ou sans paille ? Ah ! si on lichait à petites gorgées tous les clitoris du monde plutôt que de se les enfiler cul sec.
Mouiller.
On oublie.
Saliver.
On se fait du mal.
Aimer. [167f]
C’est de pire en pire !
On ne doit pas se voiler la face. C’est inutile. Le clitoris est mort. Le temps de la jouissance a expiré. Feu la vulve ! Feu le point G ! La nostalgie nous gagne. On cherche une pensée positive. On croise la tartine. Cela ne suffit pas. Les souvenirs remontent par vagues. Les bons. Les moins bons. On ne sait pas les classer. L’amour, par exemple… On fera le tri plus tard. On en était à établir le bilan clinique. C’est le plus urgent.
Mais l’état de l’amour, n’est-ce pas aussi de la clinique ?
On attrape le rectum à deux mains et on tire.
— Pan !
Dans le mille !
Cette fois, on a vraiment tué Jacques Lacan. [42f]
Doit-on éliminer quelqu’un d’autre ? On recharge. Un ver de Victor Hugo remonte l’œsophage et sort par l’orbite vacante. « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. » On le préfère en voyeur dans la culotte de Dieu à moins qu’il n’en porte pas ce qui enchâsserait l’œil directement entre ses testicules. C’est grotesque ! Dieu n’a rien de tout ça, ni globe oculaire, ni slip, ni génitoires. Dieu n’a rien. Il est. On aime la nuance. On la voudrait pour soi. Le corps nous échappe. L’être gicle et l’on en prend plein les merguez pendant que les oreilles en pissent leur cérumen.
Exsuder.
On s’essuie le visage avec un pan du linceul.
Renaître.
On crie. On gesticule. On grandit et on prend la poupée sur les genoux. On lui demande ce qu’elle en pense de l’être et de l’avoir. Elle répond que tant que l’os n’aura pas libéré la moelle, on ne saura rien de la substance. Sacrée poupée ! On l’embrasse. Elle rougit. On s’arrête là. On n’a pas envie non plus de poser une barrette dorée dans ses cheveux ni de lui poudrer le nez.
Sortir.
C’est de plus en plus compliqué.
On se concentre. [48d]
On passe la rate. On chatouille le pancréas puis on tâte le cœur du bout du doigt de pied emprunté à l’échelle. La texture est bonne, plus élastique que celle du foie. Une purée maison décorée d’un brin de persil irait bien avec ça. Le cerveau fera l’affaire. Il résiste. Il ne veut pas finir en bouillie comme si le corps était mort par choc frontal lors d’un accident automobile. Les neurones se tiennent encore par la synapse et, pour le coup, c’est un peu de beurre qu’il nous faudrait pour le passer à la moelle. [170d] [47f] [49d]

27.

La douleur est posée sur mon front, pile entre les deux yeux, prête à me prendre dans son étau et ne plus lâcher sa prise. Ou presque. Elle n’y est pas vraiment mais je la sens, là, prête à fuser si je lui offre ne serait-ce qu’une once de chair où s’épanouir. Il n’en est pas question. Je m’éclipse et m’enlise dans la torpeur. La chaleur des draps m’apaise. J’entends une voix. Je ne comprends pas ce qu’elle dit. Peu m’importe, elle me berce et je plonge. Je ne veux plus bouger. Je ne veux plus ressentir et que la douleur aille jouer ailleurs qu’en mon front. Elle insiste, convaincue qu’elle est de pouvoir m’atteindre. Je résiste. Je me confine dans le tréfonds de ma chair. Je me ramollis jusqu’à ce que mes nerfs ne trouvent plus aucun muscle à solliciter sur leur trajet. Ils mitraillent dans le vide. Je m’évapore. Mon corps est une masse sans consistance, un leurre.
J’entends la voix toujours. Rien ne l’arrête, aucun barrage, pas même la conscience d’être ici, ou ailleurs. [168f] Le son passe d’une oreille à l’autre sans que le cerveau ne l’enregistre. Il est encore plus mou que les autres organes, flasque, presque liquide d’être ainsi mis au repos total. La douleur tente une percée sur la nuque, juste là où les cheveux prennent racine. Elle fait un bide. Le cortex est en partance pour l’au-delà du corps. Je respire à l’économie. Mon cœur prend un rythme de vacances. Plus rien ne bouge en moi, à part quelques poils qui vibrent au passage de l’air dans mes narines. Mes paupières sont lourdes. Ma chair est légère. Je ne dors pas. J’attends.
 [172d] [171d]

28.

On résume.
Sortir.
Non. Pas encore.
Aimer.
Sortir viendra quand la chair aura fondu à moins qu’il n’existe une issue dont on ignore encore la voie. Les deux hypothèses se valent bien que l’on ait une préférence pour la seconde, peut-être parce qu’elle est plus volontaire, peut-être parce que marcher nous faisait du bien, peut-être parce qu’il serait temps de rompre avec la contrainte du corps, peut-être parce que l’on obéit à la liberté. Peut-être. Sûrement.
Agir.
On a toujours aimé ça.
Bouger.
Au début, on a fait du sport pour arrêter de fumer. C’était si bon pourtant de griller une cigarette avec un café ou une bière, assise en haut d’un escabeau un pot de peinture aux pieds en regardant sécher le plafond, le dos contre un lampadaire dans l’attente d’un baiser quand l’air froid de l’hiver démultipliait la volute, juste avant de s’endormir comme pour sentir la journée passer dans le creux de la gorge et y laisser son empreinte. Bon, et sensuel aussi. On s’en ferait d’ailleurs volontiers une petite, là, si quelqu’un peut nous offrir du feu.
— Une petite quoi ?
Cigarette ! Cacahuètes. Bonbons. Chocolats glacés ! C’était le meilleur au cinéma, l’entracte.
Croquer.
Décider.
Et reprendre la main.
On s’assoit sur la Bible. On ouvre le dictionnaire. On prend garde à ce que le nez n’y répande pas ses humeurs funestes. On a encore besoin des mots, tous les mots, même ceux qui n’ont pas nos faveurs. On tourne les pages. On songe un instant que l’on serait plus inspirée de lire la lettre d’amour. C’est dommage, on l’a égarée. Ce n’est pas si étonnant. Sous son joli minois, on a bien vu qu’elle était toxique, un peu comme la grosse pomme rouge que la sorcière offre à Blanche Neige : appétissante et létale. On referme le dictionnaire. On lève les yeux au ciel. Le nichon passe. Il nous envoie un baiser. On sourit.
C’est si agréable, un baiser.
Un autre.
Dis, le nichon, tu nous en donnes un troisième ?
Zut ! il est déjà de l’autre côté de la Terre.
On oublie.
Penser.
C’est mieux.
Voir.
C’est un peu la même chose.
Aimer.
Cela reste trop compliqué. On doit l’apprivoiser. On le sait. Il nous manque une clé. Elle est là-bas, toujours accrochée au lourd trousseau posé sur l’étagère dans l’entrée. On ignore comment la rejoindre. On caresse la joue de la poupée. Cela avive le souvenir. Le désir s’en mêle. On le chasse. Il revient. On le jette. Il ressort. Il est coriace. Il fait corps avec la chair. On le range sous le capuchon du clitoris le temps qu’elle se délite. Il ne bouge plus. C’est bien.
Aimer. [169f]
On essaie depuis combien de temps ? On l’ignore.
La musique s’est arrêtée. Le silence de nouveau fait peur. On voudrait se rassurer. On chope la couette, la Bible et la corde à linge. La Bible distribue les cartes. On coupe à l’atout, cœur. La partie se termine. On compte les points. On a perdu. On renonce à la revanche. On souffle de la salive dans le logement du jack. La musique revient. Elle nous berce.
Aimer.
Et l’on songe à une berceuse. Quelle misère ! C’est à cause de la poupée. On doit s’en débarrasser. La tuer. Ou la remiser tout au fond du petit lit resté dans le poulailler. La brûler pour grandir.
La sacrifier.
On l’embrasse, on l’assoit sur la boîte de champignons et on l’envoie au Ciel. Elle fera un bon messager. On bat des mains ! On rit ! On chante ! On danse ! On rit encore. On essaie. Quelque chose cloche. La joie est feinte. [44f] On verse une larme. Une seconde la rejoint. Les deux s’écrasent sur la lettre d’amour qui resurgit alors qu’on l’avait soigneusement enfouie tout au fond des viscères afin de se prémunir de tout risque de palingénésie. L’avait-on déchirée pour faire bonne mesure ? Qu’importe ! On ne doit plus déchirer les lettres d’amour. On en reçoit si peu. [170f]
On déglutit. On fait la lippe puis une boule de la lettre. On la planque cette fois sous une rotule. Le fémur grince. On l’ignore. On ressort le dictionnaire. On s’assoit dessus en suçant notre pouce. L’appareil en métal nous empêche d’épouser le palais avec la pulpe du doigt. N’aurait-on pas dû nous le retirer ? Et la bague ? Au judo, il fallait enlever ses bijoux avant de monter sur le tatami.
Ne pas blesser. Jamais.
On a pourtant tellement envie de cogner.
— Toc ! Toc !
Entrer.
Non.
Sortir.
Aimer.
Hajime. C’est du japonais. Cela veut dire que le combat commence. On brandit les merguez. À vos marques. Prêt.
— Partez !
On force sur les appuis et on gicle.
On confond encore. On ne doit pas courir, pas fractionner. On doit se séparer.
Diviser.
Fendre.
Et restituer la bague et le dentier.
On les dépose dans un plateau et on demande à l’infirmière de les mettre au coffre. Quelqu’un pourra en hériter, au cas où…
Mourir.
C’est acquis.
Aimer.
Ce n’est pas gagné.
On réunit la liste. Qui veut le dentier ? Un ange passe. Le nichon ? On rit. La bague, on sent que cela sera plus facile à caser. Treize doigts se lèvent. On éternue. On se perce la langue de la pointe du tire-bouchon. On s’étrangle avec la corde à linge. On se brûle avec l’amour. On se consume. On forme un petit tas de cendre. Personne ne nous ramasse. On cherche un tube de colle. On trouve une pâte à pizza. Elle colle. C’est parfait. On s’agglutine. On s’étale. On ajoute de la sauce tomate, des anchois, de la mozzarella et du basilic. On se fait cuire. On ne doit pas se perdre. On ne doit plus.
Aimer.
Sortir.
On coupe la poire en deux et on en nappe les moitiés de chocolat chaud, de chantilly et de quelques amandes grillées. Le foie chancelle. On y renonce. La poupée fait sa première révolution. « Aimer, c’est donner. » On arrête la phrase à cet endroit. [45d] C’est aussi bien.
Donner.
Et prendre.
Compter.
En effet.
On aurait tant voulu compter, pas les parts de pizza ni de tarte aux fraises. Compter, être considérée. On a envie de pleurer.
Aimer.
C’est maintenant ou jamais.
Rire.
Pleurer.
On aurait voulu vivre sans résister. On aurait voulu… On n’est pas là pour regretter. [43f] [46f]
On est là pour quoi, alors ?
Pardonner.
C’est encore plus compliqué que d’aimer. [173d]
On oublie.
On résume.
Voilà. On s’est plantée. L’arbre a traversé la route alors que l’on roulait sans permis une main sur le volant, l’autre dans la culotte de la poupée. On s’est écrasée. Le Samu est arrivé. On a été désincarcérée. Le cerveau était en bouillie. On nous a déclarée morte. On n’a pas protesté. On a sucé notre pouce comme un bébé. On a fait caca et le nichon a explosé. On croyait pourtant que le corps savait. Il était impuissant, comme le reste. Maintenant, il se délite. Il s’enfuit. Et on est là, les fesses dans l’herbe mouillée du talus, la poupée déchiquetée et l’œil éteint. L’arbre a été transformé en papier. On y a imprimé une Bible, une lettre d’amour et un dictionnaire. On s’est logé un couteau suisse dans le dos. On a pleuré. Les mots se sont dissous au rythme de la chair qui pourrissait. Le silence a couvert l’explosion.
On a renoncé.
Aimer.
On aurait dû parler. On l’a fait. Puis, très vite, on n’a plus eu rien d’autre à dire que souffrir.
Pleurer.
On n’est pas là pour regretter.
Oublier.
Vivre.
Retrouver qui l’on est. S’y ancrer.
Pardonner.
On doit y arriver.
On serre le poing. On regarde passer la poupée. On fronce un sourcil. L’autre est déjà occupé. Il sert d’écrou à la tarte aux fraises. [49f] [79f] [81d]

29.

Les draps sont froids. Je me recroqueville, le coin de la couette serré dans une main, la seconde à plat contre mon pubis, les pieds emboîtés l’un dans l’autre. Mes chairs coagulent. Mon sang circule à peine. Il va du cœur au cerveau, avec un détour de pure nécessité par les poumons. Je me crispe. Je me rétracte. Je me rétrécis. Il faudrait que je remue ne serait-ce qu’un orteil pour remettre le machine en route. Je ne peux pas. Une stalactite me perce le cœur. Il cesse de battre. La douleur est si vive qu’elle le relance aussitôt sans que ses battements ne soient assez profonds pour que frémissent mes tempes.
Un soupir me secoue. Je bloque l’ondulation. Je suis plongée dans un bain d’azote liquide. Mes ovules surgèlent. Je me fige. Mon souffle expire ses trente-sept degrés entre matelas et couette. Je me ratatine. Je suis incapable de bouger. Mon cerveau semble le dernier à fonctionner. Je l’appelle. Je l’implore. Mes sourcils froncent. Une douleur d’effort barre mon front. Mon corps se brise en mille pièces. Je m’éparpille. Plus rien ne circule, la chaleur moins que tout.
Je suis transie, la chair en miettes. Les draps sont toujours aussi froids. Je dois me rassembler. Ma main vole au secours de ma pensée. Elle appuie. Elle peine à se faufiler vers mes nymphes. Il lui faudrait un mobile. Un doigt se hisse jusqu’au clitoris. Il ne rencontre qu’une chose molle, décatie, pourrie, viciée. Il se tire. Ma paume revient se caler plus bas, presque au niveau des genoux. Mes doigts serrent toujours la couette. Mon nez souffle un air tiède. Ma peau transpire une sueur glacée. Je m’éteins. Mon cœur se serre. Ma gorge l’imite. Je suis raide de toute pensée, percluse, dépossédée. Ma main tente une dernière sortie. Elle se disloque en route. Trou noir.
 [82d] [38d]

30.

On n’oublie pas.
Pas question. [48f]
On a souffert. On a désormais l’obligation de dire, de vider son sac, de briser le silence. C’est maintenant ou jamais. Le corps, lui, est hors jeu. Il se répand et l’on s’épanche avec lui. Ça pue pareil.
Crier.
Ne plus retenir.
Honnir.
On a pourtant dit que l’on n’était pas là pour régler des comptes. Et pourquoi pas, après tout ? On a bien le droit de se défouler un peu et puis, là où l’on est, on ne risque plus rien. Ou presque. Qu’importe si l’on s’expose ! On aurait de toute façon tort de nous taire.
On s’est trop tue. On a été lâche à ne pas dire.
Sortir. [171f]
À celer, on a perdu l’histoire là où l’on voulait la garder.
On se retenait. On se blessait. On se froissait. Et on prenait des coups. On en donnait.
Vlan !
— Et boum ! Badaboum !
Qui fait écho ? On dirait une clochette. On regarde alentour. On ne voit rien de tel. On a dû rêver. On ne sait tellement pas où l’on est. On frissonne. On a envie d’un thé fumant. Jacques Lacan nous l’apporte. C’est aimable. La liste nous observe. Elle semble attendre quelque chose. La corde à linge fredonne un drôle d’air.

« Dis-moi que l’amour ne s’arrête pas. »

Non, on ne le dit pas.
On ne pense pas à l’amour. On pense plutôt à sauver sa peau. On pense à relever la tête. On esquive le coup qui part. Il porte quand même. On lance le poing. On entend un cri. On se débine. L’affrontement nous fait peur. Un croche-pied nous retient. Un coude part. Un doigt qui se tend accuse. Un soufflet déséquilibre. On s’aplatit sur le dictionnaire. On se crève un œil sur un coin de l’oreiller. L’évidence apparaît.
C’est la guerre.
On brandit le poisson qui pue. On transforme la couette en gilet pare-balles. On creuse une tranchée. On attend que pleuvent les bombes. L’ordre tonne.
— Chargez !
On s’élance, baïonnette au fusil, peur au ventre. On passe la rate. On esquive le pancréas. On s’effondre dans le nombril. On appelle au secours. On pleure. On repart sous les gerbes de chair adipeuse. On gagne un mètre. On recule. Du sang gicle. De la morve. Et les boyaux se déchiquettent. On est dans la…
Stop ! Ça suffit !
Avancer.
Pardonner.
Et ne pas régler ses comptes. Remiser ce qui divise. Rompre le silence.
Aimer.
Sortir.
On le doit. Disons plutôt que ce serait bien. Ce serait gentil.
On ne veut plus être gentille. On n’a pas de cadeaux à faire. À personne. À nous-mêmes, on en a si peu fait. Peut-être serait-il justement le temps de… On serre le poing. On retient les larmes. On gaine. C’est parti. On ne veut plus que l’on nous néglige. On veut que l’on nous entende. On a encore des choses à dire.
Parler.
Décrier.
On prend la tarte aux fraises et on balance. Ça tache plus profond que les merguez dans le pain. [45f] Ça a la couleur du sang et l’odeur du gaz moutarde. Hardi petit ! Allons-y.
On commence par qui ? On fouille le ventricule gauche où l’on sait la liste aux aguets. On sort nos lunettes. On va pour lire. On se tait de nouveau. On ne veut pas citer de noms. On n’a pas envie que l’on nous fasse un procès même pas d’intention. On ouvre la Bible. On y cherche un coupable. Judas. Il est parfait dans le rôle. On le garde. Quelqu’un d’autre ? Non, Judas suffit et puis on n’a pas le temps de référencer tous les coupables des Écritures pour trouver d’autres pseudonymes. On n’est pas là non plus pour faire le procès de l’humanité.
On referme la Bible. On arme la tarte aux fraises. On rajoute un peu de crème fouettée. Du purin aussi. De l’acide. On ouvre le couteau suisse. On plante le poinçon à travers la tarte, pointe côté fruits. Judas ! chéri. Viens ! On a un petit cadeau pour toi. Allez ! ne sois pas timide.
Mais pourquoi ne bouge-t-il pas ?
— Il est déjà mort.
Il ne manquait plus que ça.
Occire.
On s’approche. On le tâte de l’arbalète. Il bouge. C’était une ruse. Judas ! Il porte bien son nom, celui-là. On ne va pas le rater mais on veut qu’il nous voie, qu’il regarde son ignominie en face. Et qu’il souffre, aussi, autant que l’on a souffert. Youhou ! Judas ! Réveille-toi !
Il ouvre un œil.
Vlan !
— Salope !
C’était donc lui qui nous interrompait.
— Non. Perdu, c’est un Autre.
On s’en moque. On sait que c’est lui. On attrape le tire-bouchon.
Et vlan !
On lui en colle un coup en plein dans le plexus. On reprend le dictionnaire. On tranche. Sa tête roule au fond du panier. Son sang tache l’osier. C’est dommage. On devra en trouver un autre pour porter le linge à l’étendoir. On observe la tête gésir. Elle remue encore. On lui fourre les merguez dans les trous de nez pour l’empêcher de respirer. Tu disais quoi, Judas ?
— Salope !
Il a du ressort, le bougre.
On attrape la corde à linge. On ligote le reste du corps resté en vrac au pied du panier. On lui plante le tire-bouchon dans le fessier. On lui flanque le poisson qui pue au milieu de la crème fouettée. Que reste-t-il ? [50f]
On a égaré la liste.
— Salope !
Ne se taira-t-il donc jamais ?
La violence coupable est bavarde. On peut juste l’étouffer quelques instants. Au moindre relâchement, elle pète au nez, pire qu’un nichon qui se place en orbite. Il doit pourtant bien y avoir un moyen d’y échapper.
Aimer.
On cherche toujours la liste. On tombe sur un compte. Une claque nous prend à rebours. L’oreiller amortit. On s’enveloppe dans la couette. On souffle de l’air chaud en dedans. On voudrait oublier.
Sortir.
Dormir.
On ne craint pas de fermer les yeux. Caïn veille. [38f] [80f] [83d]

31.

Je gaine, les reins plaqués contre le dossier de ma chaise. [172f] J’ouvre les épaules. Je serre les fesses et ma foulée s’allonge. Je relève la tête. Mes muscles sont brisés. Mes doigts crissent sur le clavier. Mes avant-bras se hérissent comme sous la griffure des barbelés. Mes coudes, ça va, mes genoux aussi, mes chevilles. Mes épaules pèsent plus lourd que le poids de mon corps ; ma nuque et mes cervicales brûlent. Mes cuisses, au repos, sont silencieuses. Mes lombaires exigent un bain à remous.
Je me redresse encore. Je veux garder la tête haute. Je fais quelques moulinets avec les épaules, tout en douceur. Un craquement m’effraie. J’étire les mollets, talons levés, genoux qui poussent vers l’avant. Je masse mes cervicales. Je gaine encore sans que mes abdominaux ni mes lombaires n’y trouvent le repos. Je tire la langue. Ma nuque réclame quelque chose qui la console. L’angoisse de la nuit s’y colle. J’ouvre les épaules. Cela ne sert plus à rien. Une barre à la racine des cheveux me rappelle que j’ai le cou fragile et que je dois faire attention à la manière de poser ma tête sur l’oreiller. Quelque chose m’oppresse, un souvenir, une crainte. Les courbatures me ramènent à la course et mon corps crie sa victoire, un peu fort.
Une grimace me fend. Je tousse. Je bois. Ma gorge me chatouille. Je serre le poing. Quelques cellules adipeuses grouillent de nouveau dans les bourrelets. Je gaine. Elles s’évanouissent. Je serre un peu plus les fesses. Je grandis. Je mouline encore. Mes avant-bras reprennent leur position perpendiculaire à l’écran. Mes doigts sur le clavier se hâtent. Mes paumes réclament une caresse. Ma chair déguste la ration d’endorphine. Mes épaules, mes reins, mes cuisses, mes mollets sont calmes. Seuls mes abdominaux gémissent encore. Ils peuvent toujours se plaindre. [34d] Il n’est pas question que j’abandonne.
 [85d] [84d] [42d] [81f]

32.

On a perdu une chaussette. On a froid aux pieds. On a froid partout. Le corps caille, un peu comme du lait, mais en plus glacé, en moins granuleux. Rien ne circule. La chair dégage des fumerolles. Ça pue. Les humeurs sont solides. Ça craque. On sursaute à chaque fois, comme on sursautait quand le béton craquait la nuit entre deux rêves. On avait peur que le plafond ne nous tombe sur la tête. D’autres, c’était le Ciel.
— Boum ! [174f]


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Tableau de bord

13 novembre 2013

[Petit déroulé : 30:06 ; 3,8 km. Texte en reprise]

Je démarre cette matinée de travail avec l’idée que je vais aller au bout de cette V-06. Il me reste sept pages à relire et, sauf urgence à réécrire la fin (cela arrive), je devrais aller rapidement au bout ce matin. Je remettrai ensuite ce texte en jachère en espérant qu’un jour il sorte de cet ordinateur et rencontre un éditeur qui me le fasse travailler afin de le publier.
Vain espoir ? Je repousse la question à une autre fois et pose ma balise. Mon écran est baigné de soleil. Aimer. Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Un « comment » était amputé de son « nt » ; je le lui rends.
Et je suis au bout de mon texte. J’avais oublié qu’il se termine sur la lettre d’amour, celle encore à écrire. Je suis bien aujourd’hui dans cette fin. Surtout les deux dernières phrases. Je m’arrête donc là et m’en vais écrire ma prochaine nouvelle en e-criture. Je suis heureuse d’avoir eu l’idée de relire ces Feuillets. Je n’avais vraiment pas mesuré leur portée ; littéraire, je ne sais pas ; mais personnelle, c’est sûr.
Je vous tiendrai au courant de la suite, ici, ou sur mon site ou ma page Facebook. À très bientôt, donc. L’écriture ne s’arrête jamais… Comme l’amour ? L’amour ? Je ne sais pas. Aimer ?
Aimer.
Ce n’est pourtant pas si compliqué.

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