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Les Feuillets de Cy Jung

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Travaux préparatoires d’un roman avorté




En 2007, j’avais le projet d’écrire un roman qui me permette de travailler l’écriture des « sensations », considérant que mon handicap visuel me donnait des clés pour une écriture de ce que l’on éprouve, une écriture du non-visuel, en quelque sorte. Je m’étais donné un personnage, Alban (comme albinos) et je comptais raconter sa vie, une vie sans histoire, une vie de sensations.

J’ai beaucoup travaillé avec Isabelle Thézé qui m’a permis, par nos échanges, de faire un distinguo entre « sensations », « émotions » et « sentiments ». Une gageure !
Ce projet a avorté à la vingt-cinquième page (56.000 caractères) ; mon personnage principal était mal construit et une vie sans histoire se prêtait sans doute mal à l’expression de sensations. Je ne sais pas… Quoi qu’il en soit, ce travail avec Isabelle me paraît de nature à alimenter mon texte d’aujourd’hui.
Je le publie donc ici, parce que je vais l’utiliser. C’est un peu « brut » comme contenu. N’en soyez pas surpris.

Définitions

Sensation : Phénomène psychophysiologique par lequel une stimulation externe ou interne a un effet modificateur spécifique sur l’être vivant et conscient ; état ou changement d’état ainsi provoqué, à prédominance affective (plaisir, douleur) ou représentative (perception).
Émotion : État de conscience complexe, généralement brusque et momentané, accompagné de troubles physiologiques (pâleur ou rougissement, accélération du pouls, palpitations, sensation de malaise, tremblements, incapacité de bouger ou agitation). — Par ext. Sensation (agréable ou désagréable), considérée du point de vue affectif.
Sentiment : État affectif complexe, assez stable et durable, lié à des représentations. Le sentiment est la composante de l’émotion qui implique les fonctions cognitives de l’organisme. Il renvoie à la perception de l’état physiologique du moment.
Attention ! Ne pas confondre avec des « états affectifs » : tristesse, anxiété, bonheur, chagrin, … Ni avec les « ressentiments » (le fait de se souvenir avec animosité des maux, des torts qu’on a subis (comme si on les « sentait » encore) : rancœur, rancune…

Sentiments

Admiration : Sentiment de joie et d’épanouissement devant ce qu’on juge supérieurement beau ou grand.
Affection : Sentiment tendre qui attache une personne à une autre.
Affliction : Peine profonde, abattement à la suite d’un coup du sort, d’un grave revers.
Amertume : Sentiment durable de tristesse mêlée de rancœur, lié à une humiliation, une déception, une injustice du sort.
Amitié : Sentiment réciproque d’affection ou de sympathie qui ne se fonde ni sur les liens du sang ni sur l’attrait sexuel ; relations qui en résultent.
Amour : Inclination envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct sexuel mais entraînant des comportements variés.
Amour-propre : Sentiment vif de la dignité et de la valeur personnelle, qui fait qu’un être souffre d’être mésestimé et désire s’imposer à l’estime d’autrui.
Animosité : Sentiment persistant de malveillance qui porte à nuire à quelqu’un.
Assurance : Sentiment de sécurité ; le fait de se rassurer.
Bienveillance : Sentiment par lequel on veut du bien à quelqu’un.
Commisération : Sentiment de pitié qui fait prendre part à la misère des malheureux.
Compassion : Sentiment qui porte à plaindre et partager les maux d’autrui.
Componction : Sentiment de tristesse, éprouvé par le croyant devant son indignité à l’égard de Dieu.
Confiance : Sentiment qui fait qu’on se fie à soi-même.
Crainte : Sentiment par lequel on craint (qqn ou qqch.) ; appréhension inquiète.
Culpabilité : Sentiment par lequel on se sent coupable, qu’on le soit réellement ou non.
Déception : Sentiment pénible causé par un désappointement, une frustration.
Défiance : Sentiment d’une personne qui craint d’être trompée.
Dégoût : Sentiment de répugnance ou de lassitude.
Désespoir : Affliction extrême et sans remède ; état d’une personne qui n’a pas d’espoir.
Désœuvrement : Sentiment de malaise ou d’abattement qui accompagne l’absence d’activité.
Détresse : Sentiment d’abandon, de solitude, d’impuissance que l’on éprouve dans une situation difficile et angoissante (besoin, danger, souffrance).
Espérance : sentiment qui fait entrevoir comme probable la réalisation de ce que l’on désire.
Espoir : Sentiment qui porte à espérer.
Estime : Sentiment favorable né de la bonne opinion qu’on a du mérite, de la valeur de quelqu’un.
Euphorie : Sentiment de parfait bien-être et de joie.
Fierté : Sentiment élevé de la dignité, de l’honneur.
Générosité : Sentiment d’humanité qui porte à se montrer bienveillant, charitable, à pardonner, à épargner un ennemi.
Haine : Sentiment violent qui pousse à vouloir du mal à qqn et à se réjouir du mal qui lui arrive.
Honneur : sentiment qui pousse à obtenir ou à préserver l’estime des autres et de soi-même.
Honte : Sentiment pénible de son infériorité, de son indignité ou de son abaissement dans l’opinion des autres (sentiment du déshonneur).
Humanité : Sentiment de bienveillance envers ses semblables, compassion pour les malheurs d’autrui.
Humiliation : Sentiment d’une personne qui est humiliée.
Humilité : Sentiment de sa faiblesse, de son insuffisance qui pousse une personne à s’abaisser volontairement en réprimant tout mouvement d’orgueil.
Indignation : Sentiment de colère que soulève une action qui heurte la conscience morale, le sentiment de la justice.
Inimitié : Sentiment hostile.
Intuition : Sentiment plus ou moins précis de ce qu’on ne peut vérifier, ou de ce qui n’existe pas encore.
Jalousie : Sentiment hostile qu’on éprouve en voyant un autre jouir d’un avantage qu’on ne possède pas ou qu’on désirerait posséder exclusivement ; inquiétude qu’inspire la crainte de partager cet avantage ou de le perdre au profit d’autrui. / Sentiment douloureux que font naître, chez la personne qui l’éprouve, les exigences d’un amour inquiet, le désir de possession exclusive de la personne aimée, la crainte, le soupçon ou la certitude de son infidélité.
Joie : Émotion agréable et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience.
Mépris : Sentiment par lequel on s’élève au-dessus de (ce qui est généralement apprécié).
Orgueil : Sentiment élevé de dignité.
Peine : Sentiment de tristesse et de dépression dont la cause est connue.
Pitié : Sentiment de commisération accompagné d’appréciation défavorable ou de mépris.
Plaisir : Sentiment agréable (état de conscience défini, correspondant à des circonstances particulières).
Pudeur : Sentiment de honte, de gêne qu’une personne éprouve à faire, à envisager ou à être témoin des choses de nature sexuelle, de la nudité ; disposition permanente à éprouver un tel sentiment.
Reconnaissance : Sentiment qui pousse à éprouver vivement un bienfait reçu, à s’en souvenir et à se sentir redevable envers le bienfaiteur.
Répugnance : Vif sentiment de mépris, de dégoût qui fait qu’on évite (quelqu’un, quelque chose.).
Satisfaction : Sentiment de bien-être ; plaisir qui résulte de l’accomplissement de ce qu’on attend, désire, ou simplement d’une chose souhaitable.

Sensation : Odorat ; Vue ; Goût ; Toucher ; Ouïe

* Ouie

Acouphène : Sensation auditive anormale qui n’est pas provoquée par un son extérieur (bourdonnement, tintement d’oreilles).
Bourdonnement : Sensation perçue par l’oreille et provoquée par des troubles physiologiques.
Névralgie : Douleur ressentie dans le territoire d’un nerf sensitif.
Tous les types de bruit.

* Goût

Aigreur : Sensation d’acidité dans la région épigastrique accompagnant une régurgitation, une éructation.
Amer : Qui produit au goût une sensation caractéristique le plus souvent désagréable (ex. la bile), parfois stimulante (ex. l’écorce de citron, les endives, etc.).
Astringent : Qui exerce sur les tissus vivants un resserrement.
Écœurement : Dégoût profond, répugnance.
Faim : Sensation qui, normalement, traduit le besoin de manger.
Nausée : Sensation de dégoût insurmontable.
Poivré : Qui évoque l’odeur, le goût du poivre.
Rafraîchissant : Qui donne une sensation de fraîcheur.
Râpeux : D’un goût âpre, désagréable à boire.
Répugnance : Vive sensation d’écœurement, mouvement de recul que provoque une chose très sale ou qu’on ne peut supporter.
Salé : Goût salé, saveur salée.
Soif : Sensation correspondant à un besoin de l’organisme en eau.
Sucré : Qui a le goût du sucre.
Tiède : Qui procure une sensation thermique modérée, entre le chaud et le froid.

* Odorat

Fade : Qui procure à l’odorat une sensation faible et désagréable.
Odeur : Émanation volatile, caractéristique de certains corps et susceptible de provoquer chez l’homme ou chez un animal des sensations dues à l’excitation d’organes spécialisés.
Tous les types d’odeur.

* Toucher

Brûlant : Qui donne une sensation de chaleur intense, peut causer une brûlure.
Chaud : Qui est à une température plus élevée que celle du corps ; dont la chaleur donne une sensation particulière (agréable, ou douloureuse : brûlure).
Cuisant : Qui produit une sensation douloureuse analogue à celle d’une brûlure.
Formication : Sensation comparable à celle que donnent des fourmis courant sur la peau.
Fourmillement : Sensation comparable à celle que donnent des fourmis courant sur la peau.
Froid : sensation thermique spécifique résultant du contact avec un corps ou un milieu froid.
Oppression : Sensation d’un poids qui oppresse la poitrine.
Picotement : Sensation de légères piqûres répétées (sur la peau, les muqueuses).
Piqûre : Sensation produite par quelque chose. d’urticant.
Pincement au cœur : Sensation brève de douleur et d’angoisse.
Pinçure : Sensation, douleur de quelqu’un qui est pincé.

* Vue

Éblouissement : État de la vue frappée par l’éclat trop brutal de la lumière.

* Tous confondus

Bien-être : Sensation agréable procurée par la satisfaction de besoins physiques (euphorie), l’absence de tensions psychologiques.
Douceur : Qualité de ce qui procure aux sens un plaisir délicat.
Dur : Pénible à supporter, désagréable aux organes des sens.
Douleur : Sensation pénible en un point ou dans une région du corps.
Élancement : Douleur brusque, aiguë, lancinante.
Las : Qui éprouve une sensation de fatigue générale et vague, une inaptitude à l’action et au mouvement.
Lourdeur : Douleur sourde, impression pénible de pesanteur.
Plaisir : Sensation ou émotion agréable, liée à la satisfaction d’une tendance, d’un besoin, à l’exercice harmonieux des activités vitales.


Information publiée le jeudi 20 janvier 2011.



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Tableau de bord

13 novembre 2013

[Petit déroulé : 30:06 ; 3,8 km. Texte en reprise]

Je démarre cette matinée de travail avec l’idée que je vais aller au bout de cette V-06. Il me reste sept pages à relire et, sauf urgence à réécrire la fin (cela arrive), je devrais aller rapidement au bout ce matin. Je remettrai ensuite ce texte en jachère en espérant qu’un jour il sorte de cet ordinateur et rencontre un éditeur qui me le fasse travailler afin de le publier.
Vain espoir ? Je repousse la question à une autre fois et pose ma balise. Mon écran est baigné de soleil. Aimer. Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Un « comment » était amputé de son « nt » ; je le lui rends.
Et je suis au bout de mon texte. J’avais oublié qu’il se termine sur la lettre d’amour, celle encore à écrire. Je suis bien aujourd’hui dans cette fin. Surtout les deux dernières phrases. Je m’arrête donc là et m’en vais écrire ma prochaine nouvelle en e-criture. Je suis heureuse d’avoir eu l’idée de relire ces Feuillets. Je n’avais vraiment pas mesuré leur portée ; littéraire, je ne sais pas ; mais personnelle, c’est sûr.
Je vous tiendrai au courant de la suite, ici, ou sur mon site ou ma page Facebook. À très bientôt, donc. L’écriture ne s’arrête jamais… Comme l’amour ? L’amour ? Je ne sais pas. Aimer ?
Aimer.
Ce n’est pourtant pas si compliqué.

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