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Les Feuillets de Cy Jung

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Tableau de bord

15 août 2011



[Petit déroulé : 3 km ; 23:23. Renforcement musculaire : 18:00. Caractères ouvrés : 11590]

Je reprends le sport ce matin, après quinze jours de jachère. J’inaugure une nouvelle discipline, le « petit déroulé ». Il s’agit de course à pied en version récupération que me conseille l’un de mes profs de judo (en plus de sensei, j’ai le plaisir de travailler avec les autres profs de mon club qui apportent chacun quelque chose de différent). Je suis censée courir 20 minutes sans avoir besoin de produire un effort, les lendemains de cours de judo, afin de récupérer et éliminer les toxines. Le « sans effort » est donc le défi que je relève ; je dois contrôler ma vitesse pour trouver l’équilibre. Et j’étends l’exercice aux journées chaudes (je peine à courir quand il fait plus de 17 °) et aux journées où je me sentirai fatiguée. J’ai ajouté ce matin un peu de renforcement musculaire.
Je me suis sentie rouillée mais les sensations sont vite revenues. Et si je fais le détail de cette reprise, c’est que j’ai surtout senti que cette activité physique minimale m’a permis d’expirer ! Le verbe était dans mon feuillet d’hier. Expirer. À produire cet effort, mes poumons ont comme expulsé un air à l’évidence chargé d’émotions angoissantes. J’en ai stocké quinze jours sans m’en défaire ! J’ai soufflé, fort. Et cela m’a procuré une sensation de… Voilà un « je » à travailler ; la sensation physique est celle de la libération. Quel sentiment irait avec cela ? J’y réfléchis et l’ajoute au Complément au plan, en le rapprochant de « suer à grosses gouttes » ; c’est le même genre de sensation.
Voilà pour ce long propos liminaire. Je reprends en haut du 40, pour le valider, Oi Va Voi m’accompagne. Café rituel.

Je relis en laissant la musique un peu forte. Je ne corrige pas grand-chose, à peine le couteau suisse qui se transforme en sensei. C’est mieux ainsi. Un verbe change. Je découvre un doublon sur « prêt ». Coton. « Paré » est le seul synonyme. Je dois revoir ma phrase et cherche du côté de la métaphore. Je cherche dans le TLF sur les définitions de « prêt » (adjectif) : « enclin », « préparé », « disposé », « en état », « capable » ajoute le Petit Robert. Je garde « disposé », sans être certaine que cela ne bougera pas à la prochaine lecture.
Nick Cave, Still in love. Je meurs ! Non, j’expire et je reprends depuis le début. Julien Doré (c’est drôle !) « Disposée » ne va pas. Je préfère retirer la fin de ma phrase. Peut-être manque-t-il pour le coup quelque chose ? Je passe. Un adverbe pour un autre ; j’en ajoute un plus loin. Je coupe trois mots. Faustine Seilman. Une phrase de plus. Un mot qui change. Un saut de ligne. Je suis au bout. Je valide.
Le 41 très court me va ce matin et je ne change qu’un mot au 42. J’en arrive au 43 ; je le saute un temps pour finalement poser un 44 à partir de ma sensation de ce matin, avec « éprouver la liberté ». N’est-ce pas un sentiment, la liberté ? Sans doute que non même si on peut l’avoir, ce sentiment-là. C’est une manière de mêler joie et espoir. J’ajoute ce point au plan et le retire du complément. Il n’y sera pas resté longtemps.
Le texte vient vite. Je le validerai demain. J’ai envie, dans la foulée, de poser quelques lignes sur la sensation que procure « suer à grosses gouttes ». Quel sentiment va avec ça ? Peut-être celui d’être allée au bout de soi, d’avoir totalement nettoyé le corps ; un sentiment de pureté ? Oui, ça me plaît « éprouver la pureté » (un 15 août ; j’ai honte !) Je vais écrire sur cette idée et le ranger provisoirement en 45 (il y a de fortes chances que j’intercale un « on »). Je modifie bien sûr le plan et son complément en conséquence.
Avant de m’y mettre, je décale la dernière idée du 43 à un futur 46 qui va précéder « éprouver la solitude ». Vous suivez ? C’est bien ! Je pose moins de dix lignes. J’aime la dernière phrase. Je m’arrête là. Je veux laisser mariner tout ça et je me sens un peu vidée par la sueur qui coule et l’air qui s’échappe.
Je ne reviens donc pas sur le 43 auquel je n’ai pas touché et qui est totalement en suspens. Ce sera pour demain.

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