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Les Feuillets de Cy Jung

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Tableau de bord

18 mars 2011



[Renforcement musculaire : 48:00. Caractères ouvrés : 3974]

Le point à suivre mes deux développements en « on » sur le thème « On résume » (21 & 22) est un développement en « je » qui doit évoquer le sentiment de culpabilité sans que je n’aie défini la sensation qui va avec… Je jette un œil rapide sur les notes prises ; je ne suis guère plus avancée.
Je n’ai pas anticipé la question et je suis un peu coincée. J’envoie un texto à Sarah et un mail à Isabelle : d’expérience, je sais que leur réponse ou non-réponse vont m’aider.

Je note en vrac ici tout ce qui arrive, de mes consultations et de ce qu’elles m’inspirent, de ce qui me vient : « avoir froid », « porter un poids », « pincement au cœur », « se sentir lourd ». J’ajoute « nausée » dans une autre case ; ça n’a pas de rapport mais c’est une sensation physique qu’il me plairait d’écrire.
C’est sans doute là que le bât blesse avec la culpabilité ; j’y suis assez étrangère (du moins, je crois) et autant il m’est aisé d’écrire une situation que je ne n’ai pas vécue, autant il me paraît difficile d’écrire un sentiment ou une sensation que j’ignore. Je me sens très souvent impuissante ou triste de ma responsabilité dans un échec, le malheur de l’autre, mais coupable… Non. Je ne crois pas ou mon déni est tel qu’il fonctionne à merveille. C’est au choix. Et j’ai une telle aversion pour la « culpabilisation », soit le fait de rendre l’autre coupable de ce que l’on est ou l’on vit !
Allez ! Je ne dois pas m’arrêter à mes aversions. Le sujet est difficile mais je dois y arriver. Il faut juste que je trouve la solution…

Je dois poser une phrase de démarrage, quitte à l’enlever plus tard, une phrase qui donne le contexte, l’histoire qu’en ce passage je m’en vais raconter, un fondamental de l’écriture, avoir une histoire à raconter en préalable de ce que l’on a à dire. Cela va m’aider à trancher.
Trancher, cela me fait penser que je ferais bien aussi de jeter un œil dans le dictionnaire. Les exemples peuvent être source d’inspiration. « Rongé par la culpabilité »… Dans les sensations, quelle est celle qui pourrait indiquer ce « ronger par » ? « Perclus de culpabilité »… « perclus »… « paralysé » Voilà une piste. Cela me ramène à « pincement au cœur » car si le cœur est pincé, un instant il ne bat plus. Je dois creuser. Si quelqu’un avait une pelle à me prêter, ce serait gentil !

Le TLF donne une citation intéressante extraite d’une philosophie des religions de 1957 : « Le péché est culpabilité avant d’être faute. » Je médite (du verbe « méditer », pas « médire » !)
Ce même dictionnaire donne aussi une définition qui relie sentiments, émotion et sensations : « État plus ou moins angoissé et morbide d’une personne qui se sent coupable de quelque chose ; comportement qui en découle et que caractérisent principalement des réactions d’agressivité projetées chez autrui ou dirigées contre soi-même dans l’auto-punition, l’auto-accusation et l’autodestruction. » Le champ s’élargit.
Quelques éléments suivent sur la « culpabilité castratrice » ; cela me renvoie à l’impuissance que je connais bien, à la « paralysie », au « pincement au cœur », pourquoi pas à l’absence de désir (existe-t-il un mot pour cela ?), corps mou, sans pulsions. Je mets tout ça dans mon Complément au plan avec en cerise sur le gâteau la question de savoir si le pardon ne serait pas l’antidote de la culpabilité. J’ignore encore ce qu’il en est mais c’est pile où mon texte arrive.

Voilà un Tableau de bord tout en tergiversations ! Je biaise… Et mon texte n’a pas avancé. Je m’en vais corriger les deux points précédents en gageant que la situation se débloque. Il me reste peu de temps. Je relis, la tête ailleurs. Un début vient, inspiré sans doute par la mort du clitoris et l’expiration du temps de la jouissance déjà inclus dans le 21. Je saute jusqu’au 23 : « Caresse-moi. Rien ne vient. Mon corps est plat. Je ne sens rien. » Je m’arrête là sur ce point. Je remonte à mes corrections précédentes. Je vais laisser mariner jusqu’à demain.
Autre fondamental de l’écriture : la marinade. Le texte y gagne toujours en tendresse et en saveurs !

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