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Les Feuillets de Cy Jung

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Feuillets

V01-4 mars 2011



Cy Jung feuillets — V-01 4 mars 2011

 [38d]

18.

On éternue. On se mouche dans une page froissée de la Bible. Aucun mot ne s’efface. C’est du solide. C’est du lourd. Ça pèse son poids, la culpabilité. Sale histoire. On en revient à Dieu. On ne sait pas quoi en dire. On attend. On ignore si quelqu’un doit venir. Sortir.
On essaie de se souvenir où l’on a bien pu mettre la tartine. On l’a mangée, à ce qu’il paraît, et les nichons ne sont envolés. On aurait dû les ingérer ; on les retrouverait dans l’estomac, puisqu’il est vide. C’est absurde ; il est percé et aucun nichon ne pourrait s’y loger ce d’autant qu’actuellement, ils ont quitté la poitrine. Ils sont partis avec la tartine ?
— Salope !
Qui ? La tartine, la Bible ou le nichon ?
On s’y perd. On s’est toujours un peu égarée dans les souvenirs de petits-déjeuners. Ils nous affectent. On voudrait en oublier certains. C’est impossible. On doit tout prendre de ce qui reste, ne pas faire le tri entre ce qui était bon et ce qui nous a été désagréable. [38f]

[…] [38d]

23.

On n’oublie pas. Pas question.
On a encore quelques comptes à régler.
On n’a pourtant dit que l’on n’était pas là pour régler des comptes. Et pourquoi pas, finalement ? On a bien le droit de se défouler un peu et puis, là où l’on est, on ne risque plus rien. Ou presque. Qu’importe si l’on risque quelque chose. On aurait de toute façon tort de nous taire.
On a été si lâche parfois, à ne pas dire. On en a perdu l’histoire là où on voulait la garder. On se retenait. On se blessait. On se froissait. Et on prenait des coups. On en donnait.
Vlan !
Et boum ! Badaboum ! « Dis-moi que l’amour ne s’arrête pas. »
Non, on ne le dit pas. On n’y pense pas. On pense à sauver sa peau. On pense à relever la tête. On esquive le coup qui part. Il porte quand même. On doit arrêter ça.
Sortir.
On prend la tarte aux fraises et on balance.
On commence par qui ? On ne veut pas citer de noms. On n’a pas envie que l’on nous fasse un procès même pas d’intention. On ouvre la Bible. Judas. Il est parfait dans le rôle. On le garde. Quelqu’un d’autre ? Non, Judas suffit et puis, on n’a pas le temps de lire la Bible pour trouver d’autres pseudonyme.
On prépare la tarte aux fraises. On rajoute un peu de crème fouettée. Du purin aussi. De l’acide. On ouvre le couteau suisse. On le plante à travers la tarte, lame côté fruits. Judas ! Viens par là.
Il faut qu’il se rapproche. Sinon, on va le manger.
Youhou ! Judas !
Le voilà.
Vlan !
— Salope !
C’était donc lui qui nous interrompait. On attrape la Bible.
Vlan ! Un coup sur la tête.
On reprend la dictionnaire. On tranche. Tu disais quoi, mon Judas ?
— Salope !
Il a du ressort. On attrape la corde à linge. On le ligote. On lui plante le tire-bouchon dans le… nez. On a évité la rime. Ouf ! On lui colle le poisson qui pue au milieu de la crème fouettée. Que reste-t-il ?
On a égaré la liste ; ce n’était le moment.
— Salope !
Ne se taira-t-il donc jamais ?
Non. On ne peut pas faire taire la violence. On peut juste l’étouffer, jamais longtemps. Au moindre relâchement, elle pète au nez, pire qu’un nichon ! Il doit pourtant y avoir un moyen d’y échapper. On cherche toujours la liste. On tombe sur un compte. Une claque nous prend à rebours. L’oreiller amortit. On s’enveloppe dans la couette.
Sortir.
Dormir. On ferme les yeux. Caïn veille. [38f]


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Tableau de bord

13 novembre 2013

[Petit déroulé : 30:06 ; 3,8 km. Texte en reprise]

Je démarre cette matinée de travail avec l’idée que je vais aller au bout de cette V-06. Il me reste sept pages à relire et, sauf urgence à réécrire la fin (cela arrive), je devrais aller rapidement au bout ce matin. Je remettrai ensuite ce texte en jachère en espérant qu’un jour il sorte de cet ordinateur et rencontre un éditeur qui me le fasse travailler afin de le publier.
Vain espoir ? Je repousse la question à une autre fois et pose ma balise. Mon écran est baigné de soleil. Aimer. Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Un « comment » était amputé de son « nt » ; je le lui rends.
Et je suis au bout de mon texte. J’avais oublié qu’il se termine sur la lettre d’amour, celle encore à écrire. Je suis bien aujourd’hui dans cette fin. Surtout les deux dernières phrases. Je m’arrête donc là et m’en vais écrire ma prochaine nouvelle en e-criture. Je suis heureuse d’avoir eu l’idée de relire ces Feuillets. Je n’avais vraiment pas mesuré leur portée ; littéraire, je ne sais pas ; mais personnelle, c’est sûr.
Je vous tiendrai au courant de la suite, ici, ou sur mon site ou ma page Facebook. À très bientôt, donc. L’écriture ne s’arrête jamais… Comme l’amour ? L’amour ? Je ne sais pas. Aimer ?
Aimer.
Ce n’est pourtant pas si compliqué.

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